Quartier Armorial / heure de pointe / vite, vite, le passage clouté, laissez passer Rue Colbert, à cette heure, dans ce sens, belle lumière à l’ouest
Eh oui le ciel est par-dessus le toit, un ciel chargé
Mais que le vent est froid, aux terrasses personne ne reste
Pourquoi tu passes par là ? C’est moins direct ! ça te défrise ?
L’arrière du Grand Théâtre, la courte rue Pimbert, peu de voitures
Rue de la Scellerie, une nouvelle boutique, immense. Des chaussures! On dirait pas que c’est la crise !
à gauche, rue de Lucé, il est là, le Nouvel Olympia : grimpons dans ce palais de verre pour un partage de l’écriture. Catherine

Parfois
J’aimerai la caresse dans ta blondeur aquatique un soir de printemps mais parfois non
J’aimerai la brise douce d’un soir serein à l’aube de ta toison d’or mais parfois non Je n’aimerai pas le rire sardonique d’un vent hurleur aux confins de l’océan mais parfois si
J’aimerai comprendre cet élan passionné qui me jette dans l’écriture mais parfois non J’aimerai la quiétude insolente d’un soir de paix mais parfois non
Je n’aimerai pas que les mots nous séparent mais parfois si
J’aimerai te prendre dans mes bras et t’étreindre pour l’éternité mais parfois non J’aimerai ton corps contre mon corps dans la douceur d’une après-midi automnale mais parfois non
Je n’aimerai pas te voir tomber au champs de bataille des consonnes mais parfois si J’aimerai tant t’écrire un texte doux rêveur aérien mais parfois non
J’aimerai ta fraîcheur juvénile et inconstante mais parfois non
Je n’aimerai pas que tu t’appropries toutes mes qualités mais parfois si
J’aimerai que tu me combles d’un bonheur étourdissant et éternel mais parfois non J’aimerai que nous vieillissons ensemble jusqu’à ce que la mort nous sépare mais parfois non
J’aimerai que tu dises oui mais parfois non
Je n’aimerai pas que tu dises non mais parfois si
Stephan

ATELIER D ECRITURE  MARDI 15 NOVEMBRE 2011

Pour tout habillement, une serviette de bain qui entoure ton buste.
Assise sur une chaise en paille, les deux pies nus posés sur la table tu écoutes distraitement les bruits alentour.
L’odeur de cuisine te fait frissonner les narines.
Les yeux mi clos, tu laisses le soleil t’éblouir en cette fin d’après midi.
Tu as les coudes posés sur cette table rugueuse, le visage dans les mains.
Tes mains appuient sur tes joues.
Si on enlevait la table, tu t’affaisserais d’un coup.
Une musique lointaine ne semble pas t’émouvoir.
l’odeur de la cuisine te fait frissonner les narines
développe ton sens gustatif
les deux pieds nus posés sur la table
tu humes avec délectation
la moindre des préparations
l’odeur de cuisine te fait frissonner les narines
énerves beaucoup tes papilles
attendant la dégustation
les deux pieds nus posés sur la table
la moindre odeur de bouillon
et de tartelette au citron
l’odeur de cuisine te fait frissonner les narines
te donne des envies assassines
te remue les tripes et le corps
l’odeur de cuisine te fais frissonner les narines
les deux pieds nus posés sur la table.
Chantal

Tu es debout accoudée au balcon
Je ferme ma porte à clef
Les yeux fermés tu regardes le soleil
Je descends l’escalier
Je mets le sac dans la poubelle
Tu es debout accoudée au balcon
J’ouvre la porte d’entrée
Je sors dans la rue
Les yeux fermés tu regardes le soleil
Je cherche ma voiture
J’ouvre ma voiture
Tu es debout accoudée au balcon
Je rentre dans ma voiture
Je vais au boulot
Tu es debout accoudée au balcon
Les yeux fermés tu regardes le soleil
Annaïck

Tu vois le soleil derrière le voilage
Tu n’entends rien, le temps semble arrêté
Jambes croisées, tu as trop chaud
Tu remarques que le tapis est usé à l’endroit des pieds.

Tu es assis dans ton lit
Un petit moment encore
Tu ne fais rien
Les draps sont doux
Il fait chaud
Les bruits du monde sont assourdis
Tu sens des miettes
Tu ne bouges plus
Tu oublies les miettes.

Tu es allongé sur le sol
Le sol dur tout est plat
Ta tête est comme une chaudière
Tu respires tu es l’air qui va et vient
Un souffle léger…

Tu ne bouges plus tu restes assis
Tu ne fais rien tu as chaud maintenant
Tu joues avec la cuillère
Tu as un goût de chocolat dans la bouche
Tu perçois le brouhaha alentour
Tu te fonds dans la chaleur
Tu es noir et tu deviens chocolat.

Les bruits du monde sont assourdis
Je suis sûre qu’il est très tôt
J’ai la tête comme une chaudière

Il est même sûrement trop tôt
Oh là là, 5h du matin et à la nouvelle heure en plus!
Les bruits du monde sont assourdis

Bon ! Courage, c’est du temps en plus
5heures du matin et des idées plein la tête
J’ai la tête comme une chaudière

Canalisons l’énergie, j’allume l’ordinateur
Je vais récupérer une émission intéressante
Les bruits du monde sont assourdis

Je vais aller chercher mon petit déjeuner
Plateau de roi et thé de Chine
Les bruits du monde sont assourdis
Je vais baisser cette chaudière.
Catherine

Tu viens de vive une émotion
Tu t’es vue avec ce souffle accéléré, ce cœur emballé
Le sel des larmes picotant ta paupière
Tes mains toutes serrées
Tes jambes tremblotantes
Tu dois te lever
Le mouvement du corps te semble protecteur
Tu ouvres les yeux
Tu décryptes les chiffres lumineux du radio réveil
Tu tires la couette sur tes épaules refroidies
Tu écoutes le chant des oiseaux
Tes oreilles sont en éveil
Tu viens de vivre une émotion
J’ouvre le pot de nutella
Le mouvement du corps te semble protecteur
Je prends une cuillère à café largement trop remplie
J’enfourne la cuillère qui réveille mes papilles gustatives
Tu viens de vivre une émotion
Tu lèches avec délectation cette cuillère trop petite
Tu regardes la cuillère vide de sa saveur
Le mouvement du corps te semble protecteur
Tu n’hésites pas, tu y retournes
Tu es addicte mais tu l assumes
Tu viens de vivre une émotion
Tu sais que ce rituel te régale
Tu penses déjà à la prochaine
Tu viens de vivre une émotion
Le mouvement de ton corps te semble protecteur
Annie

Tu es debout la tête si lourde, tu as les oreilles qui bourdonnent comme mille bourdons
Le matin tu suffoques quand le jet de la douche sur ton visage projette l’eau glacée
Tu as le dos appuyé sur le banc de métal la fatigue de la journée s’évanouit au contact de ce banc
Ils sont là, ils m’appellent, ils m’enveloppent, je vais de banc en banc
Je me pose sur eux comme on se pose après une longue marche
Tu es debout la tête si lourde, tu as les oreilles qui bourdonnent comme mille bourdons
Bancs conteurs, leur silence me parle, ils me donnent toutes leurs histoires
Bancs de pierres, bancs sculptés, ils me sourient dans ce parc, je divague
Tu as le dos appuyé sur le banc de métal la fatigue de la journée s’évanouit au contact de ce banc
Je l’avoue je me réjouie d’être là, sur eux, au soleil qui décline
Je prend ma plume et cueille vos songes
Tu es debout la tête si lourde, tu as les oreilles qui bourdonnent comme mille bourdons
Tu as le dos appuyé sur le banc de métal la fatigue de la journée s’évanouit au contact de ce banc
Tu prends l’agenda au fond de ton sac, les pages sous tes doigts tournent si vite tu le ferme d’un geste brusque

Demain c’est un autre jour, tu le dis, laisse tes pieds fouler  l’herbe du passé
Cette fin de journée est si belle
Tu sens la jointure de tes genoux qui se plie et tu contemples le parterre de roses, tu sens en toi la plénitude,  ton corps se relache enfin
Le réveil sonne, l’eau est toujours aussi glacée, tu pestes , le savon glisse de tes mains
L’heure défile et tu n’es toujours pas habillée
Décidemment tu n’aimes pas les matins
Marie Christine

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