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	<title>Atelier Theatre/Ecriture</title>
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	<description>Le blog de l&#039;atelier Théâtre/Ecriture du CDRT</description>
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		<title>Atelier Theatre/Ecriture</title>
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		<title>voila voila</title>
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		<pubDate>Tue, 06 Nov 2012 15:57:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leatoto</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Écrire pour tout dire, avouer un secret et puis comme c’est écrit, comme c’est dit ça libère. Recommencer jusqu’à ce que ça marche. Inventer, rentrer dans son invention. Se faire rire soi-même, tout seul et avec les autres en disant, c’est pour toi, c’est moi qui l’ai fait. Faire. Chercher la meilleure part de soi-même, [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=204&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[
<p>Écrire pour tout dire, avouer un secret et puis comme c’est écrit, comme c’est dit ça libère. Recommencer jusqu’à ce que ça marche. Inventer, rentrer dans son invention. Se faire rire soi-même, tout seul et avec les autres en disant, c’est pour toi, c’est moi qui l’ai fait. Faire. Chercher la meilleure part de soi-même, un truc constructif, dans le sens de la construction d’un bâtiment. Faire comme si on écrivait, mais en fait, dire. La volonté ou le désir d’aller là ou personne que moi peut aller, celle aussi de faire ce que personne d’autre que moi ne peut faire. Dire ce que personne, je dis bien personne d’autre que moi ne peut dire. </p>
<p>Trouver ou retrouver un réel plaisir à écrire, en dehors de règles et de codes extérieurs, en risquant ses propres mots, s’engager entièrement dans l’acte d’écrire, sans crainte d’une notation, d’un jugement de valeur ou encore de censures.</p>
<p>Toute l’année, le Centre Dramatique Régional de Tours mène des ateliers Théâtre/écriture en direction de tous les publics. Dans les lycées, les centres de formations, les centres sociaux, les associations ou  les bibliothèques, il s’agit d’écrire à partir de propositions  qui permettent d’explorer sa propre créativité. Puis dans un deuxième temps, les textes sont lus à voix haute par les participants eux-mêmes et ainsi de séance en séance, chacun prend de l’assurance,  l’écriture se délie, les voix s’ouvrent.</p>
<p>Cette année ce sont une quinzaine de personnes volontaires, issues de trois ateliers différents, l’atelier ouvert à tous qui se déroule le mardi soir au Nouvel Olympia, l’atelier art de la scène du Lycée Vaucanson, l’atelier que nous menons avec l’Ecole de la Deuxième chance qui feront l’expérience du plateau. Réunis autour d’une grande table, ils liront tour à tour, en duo, en trio,  une sélection des textes écrits en ateliers tout au long de cette saison. </p>
<p>Avec Marcelle, Catherine, Mariannick, Annie, Chantal, Karine, Stephan, Pierre-Michel, Jean-François, Andrée, Isabelle, Marie-Christine, Agnès, Christine, Thibault, Guillaume, Alice, Saïd, Paul.</p>
<p>Paul et Saïd<br />
Je marche seul dans la vallée de la mort, mais je n’ai pas peur car je suis le pire petit enculer que cette terre ai jamais porté<br />
A quoi sa sert de planter des légumes ?<br />
Ça sert à voler<br />
A quoi ça sert d’aimer quelqu’un qui s’en fout ?<br />
Ça sert à faire parler les cons<br />
A quoi ça sert de laisser sa trace dans ce monde ?<br />
Ça sert à s’exprimer dans la vie<br />
A quoi ça sert de se réveiller tous les matins ?<br />
Ça sert à faire réfléchir<br />
Lundi : le matin, je vois le jour pour la première fois depuis 3 semaines<br />
Je tue le temps en attendant le bon moment</p>
<p>Dimanche : aujourd’hui c’est dimanche, on va découper le rosbif<br />
Je tue le besoin de l’argent et je m’en soucie pas pour le moment</p>
<p>Samedi : soirée solitaire avec mon amie imaginaire<br />
Je tue l’espace temps pour retrouver les meilleurs sentiments</p>
<p>Vendredi : J’écrase une fourmi<br />
Je tue mon présent, je réalise mon passé et je pense pas à mon futur</p>
<p>Jeudi : vivre un film a la Pretty Woman<br />
Je tue l’instant présent en évitant de faire fuir l’avenir</p>
<p>Mercredi : j’ai pris 365 jours<br />
Je tue pas forcément les mauvais moments mais je profite pas toujours des bons</p>
<p>Mardi : boulot, dodo, gâteau, noix de coco, jojo<br />
Je tue pas, je vis pas mais j’me débrouille je fouille pour pas trouver l’embrouille</p>
<p>Lundi : je fais plus de ski sur les pistes du trottoir<br />
Je tue l’absent et je recherche l’actif du présent</p>
<p>Il est 11h : je suis au 3eme étage au Nord-sud<br />
Je stress en voyant les gendarmes arrivé<br />
11h01 : pas beaucoup de monde qui passe dans l’espace<br />
Je stress quand je vais a un entretien<br />
11h02 : mais pourquoi personnes veut venir m’aider<br />
Je stress quand je lis en public<br />
11h03 : mais tout le monde veut ma peau alors je vais pas me montrer<br />
Je stress quand je suis seul chez moi<br />
11h04 : essayez de discuter avec moi, vous verrez bien ce que je vais vous dire<br />
Je stress quand je suis sur la route<br />
11h05 : Allais je vais voir les autres?<br />
Je stress quand je suis en retard au travail<br />
11h06 : pour leur demander ce qui se passe<br />
Je stress tout les jours<br />
11h07 : pour pas me parler<br />
Je stress quand je suis au téléphone<br />
11h08 : mais la personne ne veut toujours pas me parler<br />
Je stress quand je me lève le matin<br />
11h09 : putain ça me fait chier je sais pas e que j’ai fait<br />
Je stress quand j’arrive pas à me concentrer<br />
J’attends que la pluie fasse place au beau temps mais je survivrai<br />
J’attends que la semaine passe vite, les jours risque d’être difficile mais je survivrai<br />
J’attends que mon patron me paye, la fin de mois est dur mais je survivrai<br />
J’attends que la violence cesse et que la paix règne enfin en ce monde y survivrai-je ?<br />
J’attends les vacances, je partirai seulement dans 4mois je survivrai<br />
J’attends que l’espace temps n’ait plus aucune limite pour moi mais je survivrai<br />
J’attends une réponse pour signer mon C.D.I, même si le stress m’envahi je survivrai<br />
J’attends la mort avec impatience, je sourie de votre innocence, je m’en balance, j’avance je survivrai<br />
Je m’exprime en prenant le micro<br />
Je m’exprime à haute voix pour que tout le monde m’entende<br />
Je m’exprime sur notre quotidien<br />
Je m’exprime en écrivant pour que les personnes se donne la peine de m’écouté<br />
Je m’exprime quand je suis pas bien<br />
Je m’exprime sous plusieurs méthode, la meilleur este toujours la violence<br />
Je m’exprime car j’ai envie<br />
Je m’exprime pour libérer mon cerveau d’un lourd fardeau<br />
Je m’exprime car je peux pas me taire<br />
Je m’exprime en votant pour brulé les politiques<br />
Je m’exprime et tu décline<br />
Je m’exprime tous les jours pour communiquer<br />
Je m’exprime parce que dans ma tête c’est le brouillard<br />
J’exprime ma colère envers le système</p>
<p>DISEUSES: Catherine et Isabelle</p>
<p>Marre, marre, marre<br />
Y en a MARRE !<br />
Casse la langue<br />
Triture les sons<br />
Marre-toi !<br />
Mar mar<br />
Marmaris<br />
Miramar<br />
Mire, Mira<br />
Admire, Mira<br />
Admire Murat<br />
Murat Ah Murat !<br />
Un mur mura Murat<br />
Et Murat murmura.<br />
Ceinture !<br />
Bâbord amure<br />
Amure armure<br />
Armure contre l’ennui<br />
Armure dans la ramure<br />
Près de l’Arve<br />
Murmure de l’Arve<br />
Vel véli vélo<br />
Pour Lise en vélo<br />
Lise envolée, enlevée<br />
Lise sage, Lise page,<br />
Lissage<br />
Polissage<br />
Usage des mots<br />
Et moi avec l’âge<br />
Emerveillée de ce marvel<br />
Emerveillée de vous retrouver<br />
De voir d’où je viens<br />
Sans savoir où je vais<br />
Dans ce marvelisage verbal.<br />
DISEUR : Pierre Michel</p>
<p>Immobile, avec mobile apparent :<br />
cause destructrice anesthésiante !<br />
Enfoncé dans le vieux fauteuil déglingué. Déglingué ( !)<br />
Parce qu’il a entendu, ce qui est entré au creux<br />
de son oreille interne, au plus profond de son esprit<br />
et de son corps. Corpulence de la blessure presque charnelle<br />
Arrachement, déglinguant puis anesthésiant.<br />
Figé dans le vieux fauteuil enfoncé, immobile inutile !<br />
Un soleil futile ignoré, la nuit s’est installée, car le sang s’est glacé.<br />
Plait-il à Dieu ou à Diable qu’il fausse ainsi touché<br />
Désemparé aussi de toute réalité défantasmé<br />
Ce qui est entré en lui l’a déglingué, oui, vraiment désarticulé<br />
Déglingué par les mots articulés au creux de lui. Mots destructeur<br />
Le téléphone n’a plus bougé, il s’est figé avec l’objet<br />
Objet de son chagrin. Sans l’objet, il n’aurait pas encore<br />
su et son corps insouciant l’avait porté, supporté encore<br />
quelques heures avant qu’il n’apprenne ce qu’il apprit,<br />
Que l’autre était prit par les mâchoires d’acier<br />
imaginaires de sa déglingue !<br />
enfoncé en lui au plus loin, de lui, au plus fort, de lui, au<br />
plus forcé de lui, au plus diabolique et mélancolique de lui.<br />
-Immobile et sec, inutile ?<br />
Pour le moment silencieux, détruit partiellement, il attend<br />
son propre sursaut ; mais il n’a toujours pas bougé.<br />
Rester déglingué, maîtriser là la blessure, l’immobiliser.<br />
Rester maître de cette déglingue. C’est s’il bouge que<br />
l’autre pourra être considéré comme absent. C’est s’il bouge<br />
Il reste donc là immobile.</p>
<p>DISEUSE : Karine</p>
<p>C’est au fond de moi, je le sens, sa boue. Pour l’instant c’est un noyau, une petite graine qui veut germer, explosé en mille tentacules. C’est là au fond de mon corps, ça prend une lettre mais d’autre veulent s’y accrocher pour faire un mot, une phrase, un texte, un récit et pourquoi pas un livre. Ce n’est pas seulement physique, mon esprit tout entier est accaparé. Je ne peux plus dormir, je veille en attendant l’éruption. Je sais que ça va sortir de ma bouche, tout d’un coup, comme un vomissement de mots, de lettres grecs, de phrases erronées car ça n’aura pas de sens, tous sera en vrac, un vrai puzzle et je devrai les amadouer, les dompter, les rendent docile pour que l’on puisse lire, comprendre ce tas de lettre qui n’a ni queue ni tête.<br />
Mais, si par hasard tout avez un sens. Es-ce que mon cerveau n’essaierai pas de m’écrire quelque chose, me faire parvenir un message en me crachant des lettres, pêle-mêle qui en assemblant forme des mots, des phrases, un texte, un écrit surnaturel mais qui peut-être explicite si on y réfléchit. Car ce cerveau, il est à moi et s’il est à moi, ces lettres, ces mots viennent de moi. C’est mon vomissement, c’est moi qui me soulage en crachant des phrases qui font jouir mon moi intérieur. C’est moi qui hurle, de mots qui agonise des lettres. Je dois pouvoir les maitriser, les modeler, les rendent viable, lisible et plus me laisser hanter. Car oui, je suis envoûter, je dois m’exorciser pour que ces lettres sortent de moi, me laisse vivre en paix. Je ne veux plus de débordement fusionnel, d’éruption de lettre sans que je m’y attende. Je dois me surveiller, tous jeter sur une feuille blanche et ne plus raisonner mais rêver.</p>
<p>DISEUSE : Christine</p>
<p>Comme un vérin mal huilé. Machine-outil-pilon- Pistons qui râpent, qui accrochent. Fragments-Shrapnels-Eclats- Une rouille qui ronge. Nœud de corde épaisse rêche au fond de la gorge. Souffle puissant des forges éreintées. Lame venue poisseuse torve acérée du fond du corps. Entrailles fumantes ouvertes béantes grasses visqueuses. Peau retournée sanguinolente arrachée, violemment, attachée de lambeau de tendons suintants. Le corps éclaté éparpillé écartelé énucléé énervé éviscéré retombant lourdement pulvérisé en bouillonnements. Des gouffres putrides de la terre gorgée de matières fécales cela remonte. Lentement, très lentement, limace immonde et informe, cela remonte, accroché aux parois abyssales des os nus, arrêtés aigües, lombrics ombiliqué qui s’épuisent à se dérouler sans fin, petite tête de tique arrachée à la chaire flasque, encore et encore. Rien. Cela ne vient pas. Funeste repli. Immense vide irradiant le corps exsangue ; ébriété hallucinée. Tout retombe en une béatitude d’excitation, qui irrigue jusqu’à la pointe ultime des nerfs. Le corps fébrile, s’évertue. Et puis à nouveau les entrailles secouées de spasmes exstatiques éructent-Fragments-Shrapnels-Eclats-Les mots se forment. Les mots se forment. A peine. A grands peines-Placentaires-Mortifères-Tutélaires-Vase, linon, matière nourricière. Oripeaux aérien. Et soudain l’éclat fulgurant d’un poignard d’écrin qui plonge au creux de l’os et fait jaillir, comme un geyser brûlant, insoutenable, irrépressible, un hurlement muet sinistre et voluptueux, imprévisible, éternel, inouï, une parole enfantée fantasmée toujours déjà là pour peupler la nuit du monde.</p>
<p>DISEUSE : CHANTAL</p>
<p>Une page blanche a tous pouvoirs, bien sûr on planche c’est notre devoir, le vide à remplir, l’émotion du possible. Sueurs froides mains qui tremblent, intestins qui se nouent, palpitations cardiaque devant le devenir des mots qui dansent devant nous et qu’on voudrait maîtriser.<br />
Les consonnes de toutes les couleurs se mélangent et ne sont qu’une masse informe et grisâtre, les voyelles les départagent et leur donne consistance et volupté. Le ballet de l’alphabet est engagé dans une musique en harmonie avec mon être. Tout tremble en moi.<br />
Mes yeux clignent et ne démêlent rien de ces formes agglutinées. A moi de jouer et de les mettre ensemble pour une harmonie de sons ou une harmonie de sens. Mes mains tremblent et mon crayon peine à tracer ces lettres qui vont devenir des phrases peut être même des paragraphes.<br />
Ton souffle est court et saccadé, tu es la police des lettres, tu ordonnes tempête, leur demande de se discipliner pour t’aider. Mais c’est ton corps qui s’alourdit, ta bouche pâteuse qui assèche ton inspiration. Le trou noir de la page blanche angoisse le plus profond de ton être tu serres tes doigts en fermant ton poing et maintient ton crayon pour tracer quelques lignes mais ton raisonnement est anéanti par un stress paralysant une peur de voir apparaître ton intimité dans ces lignes dépouillés du superflus.<br />
Inspiration – aspiration &#8211; écrire sur la terre<br />
le bruit de la mer<br />
le bleu de tes yeux<br />
ou sur tes cheveux<br />
le temps infini<br />
la vie qui s’enfuit.</p>
<p>DISEUSE : Andrée</p>
<p>Bouche bée, muette, zéro à l’oral, sueur perlée sur le front, sur les tempes, le cœur s’agite, s’accélère, la peau se raidit, rougit, les mains tremblent, les genoux tremblent, bientôt ce sera mon tour, non, que la cloche sonne, que je sois délivrée de ce supplice j’ai la gorge sèche « bon sang de bois, pas à moi », pourquoi mon nom commence t-il par un « D » Les mains mouillées, le tee shirt trempé, c’est à moi, rien ne sort zéro à l’oral, de la colère, beaucoup de colère en moi, encore et encore, des reproches encore des reproches, les mains agitées dans les poches, bourdonnements dans les oreilles, tram-tram dans la tête stop ras-le-bol, là-haut ça explose, respire, surtout respire là calme, calme.<br />
2ème année<br />
Front lisse, cœur modéré puis excité, les mains moites, c’est quand mon tour ?, souffle calme, c’est à moi, la voix cherche le ton, trouve, je baigne dans mes mots, mon récit, je suis bien, sereine, les visages étonnés, surpris, détendus m’accueillent avec bienveillance, parole libérée, explosée qui se révèle au monde, enfin.</p>
<p>DISEUSE : Stephan</p>
<p>La nuit est tombée. Je suis à la terrasse du café de Flore. Je ne fais rien, ou plutôt si, j’annote, j’annote tout ce qui me passe par les yeux. Je vois Beauvoir et Sartre, je vois Gide, je vois Cocteau. Je vois la vie des mots. Je me vois me lever et partir en lisant. Je sens cet homme dans mon dos. Je croise un gamin avec son chien. Lequel est le plus racé ? Je ne sais pas. Je sens toujours cette présence mais cela m’indispose pas. Je vois un couple marcher lentement. Elle passe sa main dans le dos de l’homme. Il lui entoura les épaules avec le bras gauche. Je vois qu’ils parlent mais je n’entends pas. Je vois de l’amour chez ces deux là. Je marche. Je lis. J’arrive à une station de taxis. Je mets le marque page pour reprendre au plus vite le fil des mots de l’auteur. J’ouvre la portière mais l’homme est là, de l’autre côté. Il me dit « es-ce que cela vous ennuie si nous prenons le même taxi ? » Je le regarde. Grand, classique, souriant. J’ai confiance. Nous prenons donc la même voiture et je vois Paris dans les yeux d’un autre. Il me dit « vous me rappelez mes vingt ans. Mois aussi je lisais en marchant. » Je ne réponds pas. Le taxi prend les quais. J’adore Paris la nuit. Je regarde une péniche amarrée. Je vois un gamin étendre du linge. Les parents, sont ce les parents ? L’observent. J’ai la sensation que ce môme est en train de passer un examen. Je pense « il faut que j’écrive ça ». Mon compagnon de voiture me demande enfin « vous allez où ? » Alors je raconte. Je lui laisse le temps de me dévisager, me désirer j’en suis sûr. Je sens son désir. Je vois le regard du chauffeur de taxi dans le rétroviseur.</p>
<p>Plusieurs DISEURS :</p>
<p>Entendue : « si vous ne produisez pas une belle phrase je fais tout péter ! » Tu les as plains les pauvres gens qui étaient venus là pour essayer de … pour essayer de quoi d’ailleurs ? On t’avait dit qu’ils participaient à un atelier. Bon mais est-ce que c’est une raison pour tout accepter ? Faut prendre des risques, faut vous mettre en danger !!! Est-ce qu’on ne passe pas notre temps à se mettre en danger ?  En danger de vie , danger de travailler, danger d’être jugé, danger d’être licencié, danger d’aimer, danger de haïr, danger de procréer, danger de solitude, danger d’être là, danger de ne plus être ni là ni ailleurs… Comme le disait un journaliste à la radio ce matin « on est quelque part toujours un peu pris en otage. » Otage de soi d’abord. </p>
<p>Ouais mais dans le fond c’est quand même un peu con comme idée. </p>
<p>En même temps l’idée de faire que tout ce qu’on fait ou dit ou écrit soit beau SINON ON FAIT TOUT PETER  ça te plait bien, hein ? </p>
<p>Et prendre des risques. Oh, tu t’aventures jamais bien loin. Au coin de la rue. Tu rencontres des gens, tu sympathises, tu te lasses, tu choisis des livres sur la couverture, tu ne les finis pas souvent, tu vas voir des films sans avoir lu les critiques, tu essayes de nouvelles recettes, la belle affaire, quelle aventure. A la vérité tu es pétrie de rituels. Et ces listes, toutes ces listes, tes journées rythmées, tes obsessions,….</p>
<p>Faudrait vraiment tout faire péter ! Arrêter de tricher avec toi-même .</p>
<p>DISEUSE : Marcelle</p>
<p>Quand j&rsquo;ai voulu le driver sur le plateau, dans la première scène où le keum dégage une gonzesse à<br />
coups de bonbecs, que ça pète, ça kayasse à mort, il m&rsquo;a jeté : « Arrête de jacter ! Je pète la forme, crois moi. C&rsquo;est top. Je vais y aller à donf. Cette meuf, elle est trop canon ! C&rsquo;est d&rsquo; la balle. Je vais pas attendre le déluge pour lui faire sa teuf ! »<br />
Alors là, wesh coco ! Le tournage a commencé : un truc de ouf, vraiment grave. Le type a cartonné.<br />
La miss, il l&rsquo;a jartée sérieux. J&rsquo;hallucinais. N&rsquo;importe nawake !<br />
La pauvre miss criait : « Laisse béton ! » Et lui, sacrément chanmé, trop naze, éructait : « Arrête ton char ! C&rsquo;est trop de la bombe. Tu sens pas que ça roule ma poule ? C&rsquo;est chips pour toi. »<br />
Il a fallu que j&rsquo; le dégage du plateau, sinon ça clackait trop fort. C&rsquo;était chaud&#8230;</p>
<p>DISEUR : Pierre-Michel</p>
<p>Je pense donc je suis<br />
Je pense bien donc je suis<br />
Je pense bien à toi donc je suis<br />
Je pense bien à toi donc je suis bien<br />
Je pense bien mal à toi donc je suis bien<br />
Je pense bien mal à toi donc je suis bien merci<br />
Je pense bien mal à toi donc je suis bien merci quand même<br />
Je pense bien mal à toi mon lapin bleu donc je suis bien merci quand même<br />
Je pense bien mal à toi mon lapin bleu donc je dis que je suis bien merci quand même<br />
Je pense lundi bien mal à toi mon lapin bleu donc je dis vendredi que je suis bien merci quand même dimanche<br />
Je pense lundi bien mal à toi mon lapin bleu le mercredi  donc  je dis vendredi que je suis bien merci quand même dimanche<br />
Je pense lundi bien mal à toi mardi mon lapin bleu le mercredi donc je dis vendredi que je suis bien samedi merci quand même dimanche</p>
<p>Je pense mal à toi tous les jours donc je suis…fatigué !</p>
<p>DISEUSE : Annie</p>
<p>&quot;Jean-François, quand je l’ai connu, portait des pantalons si larges, que ses voisins de<br />
palier, m. et Mme Chapouteau, le traitait de zazou.<br />
Pourtant c’était un garçon très convenable dont les seules folies consistaient à<br />
fréquenter nos surboums.<br />
Ah ! les surboums de mes 15 ans, dans le sous-sol des pavillons de banlieue où l’on<br />
fumait cibiche sur cibiche.<br />
C’est là qu’on a tous appris à danser les rock’n roll et le be-bop. Pendant ce temps-là, nos mères pensaient que nous faisions du macramé. Elles ne se doutaient pas que nous terminions nos après-midis dans un bistrot miteux, un<br />
tabac-PMU-billard qui avait tout du rade.&quot;</p>
<p>DISEUSE :Karine<br />
J’ai lu les évangiles dans le désert du Sinaï.<br />
J’ai lu un extrait d’encyclopédie à la bibliothèque.<br />
J’ai lu de la théorie musicale à l’arrêt de bus.<br />
J’ai lu à une terrasse de café mon livre préféré.<br />
J’ai lu sur la plage de Plainfoul.<br />
J’ai lu le journal dans un avion qui me ramener en France.</p>
<p>DISEUSE : Mariannik</p>
<p>Je me souviens du club des 5 et du clan des 7, assise dans le grenier de la maison familiale, maman vient me chercher cela fait 3 fois qu’elle m’appelle pour le repas…<br />
Premier livre adoré, caressé, refeuilleté, rescotché, récemment, mon 1er livre de lecture « Rémi et Colette »…<br />
C’est l’heure de l’examen oral, je suis inscrite en 15ème position, je prends mon livre de poche, je m’éloigne du ? des candidats, je fais le vide…<br />
L’avion aura du retard, un grand tour de pendule, je passe la nuit à l’aéroport d’Athènes avec d’autres passagers dans la même galère, je prend mon livre donné par l’agence et découvre la Grèce.<br />
J’ai le temps, je prends le temps, installée sur le trône d’aisance, j’avale que dis-je je savoure 2 ou 3 BD.<br />
Assise sur la plage, au bord de l’Atlantique, j’écris, avant que la nuit tombe, 8 poèmes sur l’océan.</p>
<p>DISEUSES : Christine et Catherine</p>
<p>Lire, m’installer, être dedans / dehors. Le dernier ballet de paille tout en haut là-haut dans le hangar ouvert chez parrain et grand-mère. Sentir les brins serrés, râpeux qui grattent les cuisses dans le petit short rose, cuisse menues, guibolettes allumettes, sur lesquelles repose le livre. Croiser les jambes, décroiser les jambes, se mettre sur le côté. Bon, findement s’allonger. Non, findement renoncer ; il fait très beau, très chaud, doucement, liquidement chaud. Se mettre à l’abri dans la ferme fraîche, le petit fauteuil pliant en plastique qui grince un peu, sur la pierre fraîche. Lire à côté d’elle, ma grand-mère, qui équeute les haricots. Etre là et ailleurs à la fois.<br />
Lire en haut tout là-haut d’une montage douce, verte, roulante, seule, le lointain bruit des pâturages sous le ciel infiniment nuageux, légère brise, inaccessible. Personne ne sait où je suis. Encore en short, il fait doux. Lire, douceur, solitude. Lire dans l’embrasure de la fenêtre, ferme Normande, plat pays, encor des vaches qui paissent paisiblement, les caquètements des poules se sont tus, les pots de lait s’entrechoquent. La nuit tombe délicate et fraîche encore. Lire, des journées d’été à l’infini.</p>
<p>DISEUSES et DISEUR : Chantal Isabelle Stephan Pierre Michel</p>
<p>Il m’est arrivée bien souvent de lire dans le TGV mais depuis que je fais des ateliers d’écriture mes inspirations les plus inspirées démarre du quai de départ jusqu’à l’arrivée du train et le point final correspond à l’entrée en gare.<br />
-Autre lieu d’écriture le fond de mon lit la nuit, roulé en boule et ressassant des idées saugrenues.<br />
-Enfant, dernière née d’une famille nombreuse je me cachais dans un coin du grenier pour écrire par peur des moqueries de mes frères et sœurs.<br />
-J’aimerais quelque fois tourner le dos, partir loin d’un groupe ou d’amis pour pouvoir écrire à ce moment précis ou malheureusement je ne peux me défiler et je ronge mon frein en attendant que malheureusement l’inspiration s’en aille.</p>
<p>DISEUR : Pierre Michel</p>
<p>-Calé, bien calé, comme sécurisé, entre les rochers d’un granit par :<br />
Radiation des mots contre énergie du vent et vagues sonores.<br />
N’y aurait-il que la Bretagne pour donner cette énergie aux phrases lues avec appétit, avec nécessité ?<br />
-Ou louer dans mon hamac à Carnac : balancement régulier des mots .<br />
Une impulsion nouvelle à chaque page.<br />
Accroché à l’arbre : de l’arbre au papier et retour à l’arbre. Entre deux, entre deux arbres ; temps suspendu esprit suspendu, accroché aux mots qui s’harmonisent dans une pulsion de vie, pulsation et balancement.<br />
-Ecrire à «  ma table » ou alors sur mes genoux dans un effort physique par retrait la feuille avec mes mots.</p>
<p>DISEUSE : Catherine</p>
<p>Une table vierge sans rien dessus, une grande de préférence, un rêve de table d’écriture, une vue vue sur mer sur Loire sur arbre en fleur sur soleil couchant.<br />
Un être au monde, là, arrêt sur image un lieu habité par le chant, chant d’oiseau, murmure ou fracas de l’eau, souffle du vent.<br />
Une marche, carnet en poche, et soudain incoercible l’envie d’écrire ce qui se passe là ce qui est là qui m’habite, me déborde, doit-être dit, pourquoi ? Laisser trace ?<br />
Une avancée dans la nature, quelque chose, un arbre à moi, pour moi, à investir, à décrypter, à étudier, à décortiquer.<br />
Un lieu habité où je serais un peu extérieure spectatrice : arrêt sur image, sons, paroles volées, n’être que sensations et ouverture.<br />
Le temps vide devant moi sans obligation, la permission d’aller au hasard sans but défini pour saisir, mais quoi, la densité des choses, l’épaisseur de l’impalpable.<br />
Etre là, n’importe où, et saisir l’impalpable pour le palper en mots.<br />
DISEUSE : Christine</p>
<p>Tu n’en peux plus de cette chaise en plastique rigide. Et ton pull qui glisse. Zut. Le foulard par terre. Dans la poussière. Tu viens de le laver. Tu n’oses pas te pencher pour le ramasser. Il y a un tel silence.<br />
« Ca a à voir avec…comment dire… » Long silence . « Oui… comment dire, c’est un peu ça au fond ce qui se joue à ce moment là de l’histoire quelque chose qui a à voir avec la naissance du monde, ce partage du monde, de l’Afrique par les puissances coloniales, comme une mort mais aussi une naissance, ça a à voir quelque part avec ce qu’on pourrait appeler la volonté de puissance, ce que Freud nommerait phallus peut être … » Long silence. Echanges de sourires. Airs entendus.<br />
Tu as l’impression d’avoir un peu décroché. Ton voisin change de position sur sa chaise, te frôle, s’excuse. Ce n’est rien. A vrai dire, tu en ferais bien autant. Le dossier te scie le dos. Tu essaies de suivre. Qu’est-ce qui se joue au-delà des tics de langage ? (au fond, ce qui se joue là, ça a à voir …) Ta voisine de droite te tend ton foulard. Ah merci. Plusieurs personnes se retournent vers toi. Tu as dû parler un peu fort. Tu souris. Qu’est-ce qui t’avais plu à la lecture du passage dans le livre ? Ton ventre gargouille. Tu en profites vite pour replacer ton pull, changer de position. « Et dans le fond, ce qui se passe alors… </p>
<p>DISEUSE : Stephan</p>
<p>Je veux te lire une fois mes mots lâchés en bordure du fleuve de l’entendement, pour toi une satisfaction sans borne, que ces mêmes mots lus une fois, comme ça, simplement pour toi. La scène du théâtre est vide de tant. Seule résonne la langue française dans l’écho des coulisses.<br />
Je veux te lire le soir, une fois, une seule quand je suis allée voir ma mère dans son lit et qu’elle m’a dit Baudelaire. Baudelaire et Prévert sont mes deux amis. Je les lis une fois, pour le plaisir. Le plaisir d’une fenêtre ouverte, lecture hurlée dans le chaos des klaxons, le manque d’oxygène.<br />
Je veux te lire ma passion du verbe. Le verbe qui ne serait pas du verbeux mais que je t’offrirai une fois dans la bibliothèque du musée d’art contemporain.<br />
Je veux te lire une fois, en parcourant ton corps de caresses attentives.<br />
DISEUR : Pierre Michel</p>
<p>J’ai toujours rêvé de te dire peut-être<br />
J’ai toujours rêvé de te prendre dans mes bras d’athlète, dopé à l’EPO<br />
J’ai toujours rêvé de te mettre dans le lave-vaisselle, sur un cycle long<br />
J’ai toujours rêvé de t’envoyer des fleurs artificielles, vert pomme<br />
J’ai toujours rêvé de te casser ensuite le vase sur ta tête d’artiste raté<br />
J’ai toujours rêvé de te rouler dans la farine, de maïs<br />
J’ai toujours rêvé de t’épiler les moustaches avec une tenaille<br />
J’ai toujours rêvé de t’écrire une liste de courses tellement longue que je serai sûr de ne pas te voir pendant plusieurs jours<br />
J’ai toujours rêvé de te prendre en photo de très près avec un grand angle pour accentuer l’énormité de ton grain de prétendu beauté sur la narine droite<br />
J’ai toujours rêvé de te rafraîchir et pas que la mémoire…<br />
Heureusement pour toi que je ne fais pas de cauchemar… !</p>
<p>DISEUSE : Andrée</p>
<p>O<br />
Mi<br />
Bel<br />
Amor<br />
Spero<br />
Presto<br />
Vederte<br />
Baciarte<br />
Je suffoque<br />
Je me pâme<br />
Quand je me rappelle<br />
La grain de ta peau<br />
L’amande verte de tes yeux<br />
Les formes exquises de ton corps divin<br />
Je ne puis plus rester loin de toi<br />
Quand enfin serons-nous réunis, mon amour ?<br />
Quand pourrons-nous nous humer, nous enlacer<br />
Jouir l’un de l’autre sans retenue ?<br />
Je ne dors plus, je ne mange plus<br />
Tant me ronge la passion<br />
Tant est brutal le désir<br />
Je ne te cache pas<br />
Que je ne saurai<br />
Garder la vie<br />
Plus longtemps<br />
N’attends pas<br />
Rejoins-moi<br />
Vite<br />
Vite<br />
Viens.</p>
<p>DISEUSE : Stephan</p>
<p>Je vois la place effervescente. Je vois Didier et ses chiens qui défèquent partout dans le gazon. Je vois Madeleine pousser lentement le landau autour de la fontaine. Je vois un couple enlacé assis sur le banc en pierre. Je vois le ciel bleu azur, le soleil chaud et rayonnant. Je vois Thiéfaine passer en tenant sa baguette. Je vois le flot de voitures s&rsquo;arrêter au feu rouge. Je vois un bout de mer derrière l&rsquo;arsenal militaire. Je vois Mohamed et Fathia entrer dans l&rsquo;immeuble. Je vois une discussion déchaînée entre deux jeunes hommes. J&rsquo;entends des bribes d&rsquo;engueulades entre deux klaxons. Je vois une voiture de police. Je ne te vois pas. </p>
<p>Les lampadaires donnent vie aux ombres. Là un quidam s&rsquo;arrête pour allumer une cigarette. Deux filles court vêtues se dirigent vers la rue des putes. Des militaires américains chantent à tue tête l&rsquo;hymne national en tenant à bout de bras des sachets en papier dans lesquels sont dissimulées les bouteilles d&rsquo;alcool. Ils vont eux aussi dans la rue des putes. La lune est pleine et ronde, distribuant des zones de clarté dans la nuit. Didier est toujours là avec ses chiens. Il est assis. Il attend. Quoi ? Il n&rsquo;a jamais sû me répondre. Je t&rsquo;attends mais tu n&rsquo;arrives pas. </p>
<p>La nuit se déchire avec ses lambeaux d&rsquo;aurore. Le soleil pointe à l&rsquo;horizon mais la lune sera là pour la journée. Les mouettes arrivent du large devançant les chaluts. Elles crient au rythme de l&rsquo;aube naissante. Je vois une fille appeler au secours. Je vois un homme derrière elle qui marche vite. Il faut que j&rsquo;appelle la police. Je vois un des jeunes d&rsquo;hier dormir sur la pelouse. </p>
<p>J&rsquo;entends un bruit d&rsquo;arme à feu. Je vois l&rsquo;autre jeune d&rsquo;hier partir en courant un fusil à la main. Je vois le premier jeune couché, une tâche de sang sur le tee-shirt. Je vois les pompiers qui tentent de le réanimer. Je vois la civière, le drap qui recouvre totalement le corps Je vois un début d&rsquo;attroupement. Je vois tout ça mais je ne te vois pas. Je crie je t&rsquo;aime. Le cri se perd. Tu ne viendras pas.</p>
<p>DISEUSE : Karine</p>
<p>« Je suis née à l’envers. Mes pieds sont sortis les premiers du ventre de la terre. Et la première chose que j’ai fais est de hurler mon nom : Ermia Piétrus. »<br />
Dès que Ermia Piétrus a su écrire, la première chose qu’il a fait est de décrire la monde, la terre, la beauté de la planète et de ces vertes prairies. Je me souviens d’une phrase, je cite : « la forêt des livres que l’on croyait endormie émis tout d’un coup un cri perçant qui se faufilait sur les partitions du vent. C’était le cri d’une chouette. Alors la forêt endormie se réveilla et les biches se rapprochèrent de leurs fans. » Quel poète se Pétrus. C’est comme l’Alpha. Depuis qu’il s’est que son nom veut dire le premier, il ne sait plus où donner de la tête. Il lit, il réfléchit, il s’extasie, il écrit aussi. Par exemple son dernier livre s’intitule : La beauté florale. « Car oui le parfum d’une fleur, sa couleur enchanteresse, sa tige longiligne verte m’emmène au Paradis », écrit-il. « Et si la terre s’avait parlé, chanter aussi fort que les sirènes, combien d’être humain l’épouserai ? » Dit-il.<br />
Et oui, Ermia Piétrus et l’Alpha sont les deux même. Des fabulistes, des penseurs pas comme celui de Auguste Rodin car eux ils écrivent leur pensée dans toutes les langues dans le but de reconvertir un maximum d’individu à leur rêverie. Voilà, ce sont des écrivains qui veulent exister, jaillir de mon corps proscrit par la guerre, la faim et les torrents de lave qui jaillisse de mon cœur. Car oui, je l’avoue, je suis une poétesse endormie avec me rêves d’écrivain. Qui un jour Ermia Piétrus et l’Alpha exploseront du plus profond de moi-même. Et par la beauté de mes vers, j’éclabousserai ma joie et mon amour de la terre à votre visage et vous sucerez ma sève ; mon lyrisme vous le convoiterez car Ermia Piétrus et l’Alpha auront gagné la prospérité et le respect de leur lecteur.</p>
<p>DISEUSE : Christine</p>
<p>discrètement se faufiler tu es un peu en retard ce n’est pas grave ce n’est pas de ta faute d’ailleurs tu avais prévenu…<br />
Tu t’assois tout doucement Ah quelqu’un déplace sa chaise derrière toi évidemment tu n’es pas transparente.<br />
Bon tu ne bouges plus, pas un frémissement de doigt, pas un battement de cil, pas un frisottement de nez ; pourvu encore une fois qu’à cette heure là tes entrailles n’aillent pas te trahir.<br />
« On remet à madame Villepin sa robe mouillée aux fesses »<br />
DISEUSE : Catherine<br />
Lignes perspectives décrochés recoins espace matière lumière<br />
Les toits les maisons la cathédrale le ciel immense<br />
Cadrage parfait, filtre du treillage métallique<br />
Chiens assis cheminées à muselière.<br />
Gris, blanc, du rouge. Du vert par touches.<br />
Un palmier en pot dans une coure<br />
Un bouleau et le platane.<br />
Un nid encore visible dans le halo des bourgeons.<br />
Voilette métallique palais de verre<br />
Pointes dômes verticales angles lignes brisées<br />
Points brillants dans le soleil<br />
Matinée de mars<br />
Energie scripturaire<br />
Instant éclaté, surdimensionné<br />
Temps et espace confondus.</p>
<p>DISEUR : Pierre Michel</p>
<p>Debout dans ma nacelle ; d’en haut mon regard tente d’écrire le patchwork du monde ; mais beau, justement beau. Comme le visage de cet enfant de la forêt d’Angkhov qui me jette un regard chaud en apercevant mon ballon, ma montgolfière.<br />
Fière dans le ciel la voilà pourtant coincée, enveloppée dans un nuage où un ange passe, j’échappe alors au réel par penser le monde autrement…<br />
Envie d’une autre sensation, d’une autre apesanteur ; alors je plonge au milieu des coraux pour y rejoindre un autre monde animal qui me console de celui des hommes. Mais j’évite f.<br />
Un bateau me repêche et je file désormais à 27 nœuds à la surface calme du monde. Le capitaine me suit.<br />
Au devant un Viking !<br />
Un vrai king et je me sens tout petit lorsque je débarque sur 1 banquise ensoleillée. Cette aventure est unique. Ce périple est inutile. D’ailleurs la nuit tombe d’un coup je n’y comprends rien. Je dois rêver le monde.<br />
C’est peut-être plus facile que de le vivre.<br />
Mais où sont nos enfants, où sont mes proches, où sont mes amis ?<br />
Ecrire peut aussi engendrer une certaine solitude.<br />
Debout dans ma nacelle, j’échappe, je plonge, j’évite, je file, je me sens, je débarque, je n’y comprends rien. Je dois.</p>
<p>DISEUR : Jean François</p>
<p>Attendre. Je n’aime pas attendre.<br />
Temps perdu. Temps mort. Pourquoi tant de temps libre encore ?<br />
Tout ce temps donné.<br />
Tout ce temps à moi.<br />
Libre.<br />
Tasse vide. Temps mobile.<br />
Je voudrais que ce temps là ne soit pas vain.<br />
Qu’importe la pérennité ? Hors ce poème écrit il y a si longtemps.<br />
« Je suis un train.<br />
Rien ne m’est plus indifférent que le monde.<br />
Il pleut. »<br />
Toujours cette vitre épaisse, blindée , pare-balles entre moi, et le monde et moi.</p>
<p>DISEUSE : Mariannick et Agnes</p>
<p>Que lisent-elles ? une recette de cuisine, l’interview d’une vedette, mots fléchés, sodoku ?<br />
Assise sur la plage, … les mouettes, peu sauvages viennent grappiller le reste des BN au chocolat laissés par les enfants de la famille Dupont…<br />
Les mouettes grignotent les miettes de chocolat mêlées à l’écume.</p>
<p>Tous<br />
Un enfant bondissant<br />
Un ado turbulent<br />
Un marin à pompon<br />
Une fille à flonflon<br />
Un visage ridé<br />
ou des yeux éclairés<br />
Un monde à ma fenêtre<br />
Un regard sur les êtres<br />
J’aime lire dans leurs yeux<br />
Si les gens sont heureux<br />
S’ils ont cette lueur<br />
qui va droit dans le cœur.<br />
DISEUSE : Karine Je regarde, sur ma droite, à ma gauche, je regarde, je pense, je vis, je respire, je prends, je décortiquais, je lui souris, je reviens, je réfléchis, j’observe, je scrute.</p>
<p>DISEUSE : Catherine</p>
<p>De l’origine du monde<br />
	Et la lumière fut…<br />
	…nom.<br />
Le grand chambardement<br />
    Dans le néant et le silence, ce fut une rencontre inattendue, d’autant que nul n’attendait, un surgissement.<br />
Et Dieu créa la femme<br />
    Parfois le cinéma s’en mêle, la fiction dépasse la réalité, comment savoir ?<br />
Le hasard et l’anécessité<br />
    D’où venons-nous, sommes-nous vraiment le fruit du hasard, quelle nécessité à cela ?<br />
Les trous noirs<br />
    Et la physique s’en mêla, bouleversant les hiérarchies, déboulonnant la philosophie.<br />
Question de règnes<br />
    S’il y a bien longtemps nous apprenions l’existence de trois règnes, il semble que ce ne soit plus le cas.<br />
De l’oralité à la spécialité<br />
…une longue quête, comment, parti d’un récit mythique, je sombrai, puis émergeai, puis nageai de spécialité en spécialité, des mythes à la physique et je termine ce voyage avec passage de témoin à qui voudra bien relever le défi et transformer le récit en apportant un nouvel éclairage dans cette histoire qui ne sera jamais définitivement close.</p>
<p>DISEUSE : Christine<br />
« Si ça peut vous arranger je peux venir une dernière fois mardi prochain, pour vous dépanner. »<br />
Une dernière fois. C’est idiot mais ça résonne dans ta tête. Une dernière fois. Combien de dernières fois as-tu vécu ces deux dernières années ? Dernière fois que tes lèvres caressent sa joue douce, encore chaude…dernière fois que tu lâches la main de ta fille devant la grille de l’école primaire… dernière fois que tu assistes au cours de piano de la grande, dernière fois que tu partages ces clés avec leur père, dernière fois que tu dînes dans ce lieu enchanteur, dernière fois que tu vois ces étudiants, dernière fois que tu te laisses glisser dans ce canapé, dernière fois que tu passes la marche arrière de ta vielle guimbarde…dernière fois que tu vas au cinéma avec ton amie si chère…<br />
Arrête tu te fais du mal. A quoi ça rime d’énumérer ces dernières fois. Tout est dernière fois. Ce que tu fais là en ce moment tu le fais sans doute pour la dernière fois.<br />
Merci non ça ira pour mardi.</p>
<p>DISEUR : Jean François</p>
<p>Mais tu t’rends trop pas compte, quoi ! Jean-Claude Van Damme ringard !&#8230; mais il est ouf ! Jean-Claude Van Damme c’est le renouveau de la langue française, l’avenir de son rayonnement, l’élan de sa créativité, l’anti-sénescence de l’Académie Française ! ce keum c’est mon Dieu ! en plus j’hallucine tellement il est canon ! … Non sérieux tu devrais guetter chacun de ses passages sur France-Culture… la dernière fois on lui a demandé son avis sur la transsubstantiation, il a dit que c’était trop de la bombe ! je sais pas si tu piges à quel point c’est de la balle cette distanciation, cette pirouette langagière qui n’est pas sans trahir un réel engagement pour la Paix et une préoccupation de l’individu doué de conscience face à la prolifération mondiale des armes de destruction massive ! …  Mais ta bouche ! moi je suis à donf pour J-C… d’ailleurs t’as vu, comme par hasard, les mêmes initiales que le Christ… arrête ton char, moi je te le dis, ce mec c’est mon messie, mon prophète, c’est grave chanmé comment ç m’le fait !&#8230; Il est parmi nous pour nous sauver, nous faire prendre conscience de notre condition précaire de corps voués à la putréfaction et d’âmes en route vers le néant… t’attends le déluge pour te plonger dans ses œuvres complètes ? … Laisse béton, ça s’rait trop naze que tu passes à côté de ça… T’as jamais lu « Quand les poules auront des dents elles pourront passer aux abdos » ? … Mais franchement ne te cramponne pas à tes a priori antédiluviens, à ta culture académico-poussiéreuse, à tes certitudes de Lagarde et Michard ! Roule ma poule ! Mets-toi au body-building du neurone, laisse-toi bousculer, sois aware, attends-toi à une révélation, une épiphanie… une teuf !!!   Moi aussi j’ai eu ma période Boileau, Mallarmé… Joyce ! … mais Jean-Claude !! c’est pas une [tarlouze] fillette !<br />
Et ses interviews à chaque sortie de film… ces néologismes survitaminés, ces Vandammismes aux hormones… ça pète ! … ce positionnement d’acteur engagé, d’artiste authentique qui porte l’œuvre à lui seul, qui en est l’essence et le moteur… mais c’est chaud de rien vouloir entendre à ce point !&#8230; Tu crois que Fritz Lang et Orson Welles ont tout dit ?! mais imagine le chef-d’œuvre définitif qu’ils auraient réalisé avec Jean-Claude Van Damme comme matière première, comme argile… le golem du XXI° siècle ! ça claque ! grave !<br />
Bon j’en ai marre de jacter dans le vide, je vois bien que ton carcan intellectuel standard t’empêche d’avoir accès au sublime. C’est n’importe nawake. Allez, dégage. </p>
<p>DISEUSE : Andrée<br />
Misère de misère où sont les sentiments jamais il n’y a eu autant de grabuge et pourtant tout va pour le mieux.<br />
Katarina gigote Léopold sirote Jean pense Kurt ignore Marie dit Colin muse Sacha berce Tina joue George avale Solène mijote Quentin s’énerve Boubou contemple Simon cavale Edwige oublie Fata ment.<br />
Misère de misère qui aimera la nuit le jour partout le mal il pleut des larmes à l’infini pourquoi chercher dans l’univers.<br />
Chloé s’essouffle Simone geint Hugo respire Jeanne imagine Hubert demande Suzanne explore Yann trucide.<br />
A qui la faute regarde-les misère de misère la peur d’aimer demain peut-être ou bien qui sait cueillir la vie es-ce donc si dur tout va brûler.<br />
Martin reproche Werther s’égare Clotilde s’allonge Félicie jouit Sidoine opère.<br />
C’est beaucoup trop soudain l’orage et tout explose lumière enfin Gervaise rit.</p>
<p>Plusieurs diseurs se succèdent :<br />
Se réveiller en retard face à une obligation d’horaire<br />
Se dire quelle chance, une journée d’écriture<br />
Tu te prépares psychologiquement !<br />
Ah non !<br />
Je viens, je laisse aller.<br />
Le crayon déjà.<br />
Mire de rien, c’est pas rien<br />
Une démarche également physique !<br />
Une tension, un plaisir…<br />
Mais pas toujours<br />
Ce jour on s’y est tout de même préparé<br />
On ressent une certaine densité<br />
Comme s’il y avait là quelque chose d’intensif.</p>
<p>Et pourtant le réveil, comment écrit-on sonne, le réveil sonne. Il me faut me lever, saisir la plume et jeter le texte en pâturage aux lecteurs. Prendre la langue et l’embrasser jusqu’au dernier souffle. La tourner, la retourner. Lui faire l’amour, que dis-je, baiser avec les mots, les tordre, les retourner et les pénétrer profondément sans scrupules. Se maintenir debout dans le vertige inaltérable.</p>
<p>On est tous là.<br />
Où ça ? Ils sont où ? Attention ?&#8230; C’est parti ?<br />
De quoi s’agit-il ?<br />
Pourquoi moi ici au milieu de tout ça ? Et pourquoi déjà je me sens…</p>
<p>Je me sens BIEN !<br />
Le groupe et pourtant très vite, je l’oublie, et cependant il est là, une énergie commune, rarement je lève le nez, et je les vois tous penchés, absorbés, habités ?<br />
Habités, mais par quoi ? Un flux, un reflux, une traversée, une avancée, un –zut je ne trouve pas le mot quand on débroussaille pour avancer.</p>
<p>Oui, c’est ça, en fait : une énergie collective ; je la sens, corporellement.<br />
Tous les sens sont en action, c’est vraiment physique.<br />
Sprint ou marathon, on ne sait pas bien encore, à corps perdu le stylo glisse plus vite que prévu ; c’est pour moi assez inattendu, c’est fort !<br />
Une autre dimension tout à coup, une prise de conscience de la nécessité de transmettre ; même si cela ne se défini vraiment jamais !<br />
Pourquoi vouloir transmettre et quoi : un mystère auquel il ne faudrait jamais.<br />
J’écris je me lâche je plonge dans mes souvenirs<br />
Crayon de papier, stylo, plume tout est bon pour gratter le papier, pour me libérer pour laisser<br />
Libre essai à mon imagination et squatter le cerveau des auteurs poètes ou …… qui ont marqué mon esprit et dont même de façon involontaire je m’imprègne.<br />
J’aime bien cette idée de squatter. Ecrire à la manière de… Coucou qui s’installe dans le nid bien douillé… Quel nid ? Virginie Woolf, une journée dans la vie de Clarissa… Léopold Bloom – Léonard Woolf – Septinas – Adam Appleby… me … dans mes listes. Squatter d’accord mais créer, faire, inventer, trouver ; me trouver ? A quoi me servent tous les livres ? Ces livres là, ceux que je choisis, ceux que je n’achète pas, ceux que j’aimerais bien qu’on voit entre mes mains, ceux que je ne crois obligée de lire&#8230; Mais quels sont ceux qui cherche, qui fouillent, qui suscitent l’émotion ? Comment se débarrasser de ces encombrants, de ces livres qu’on aurait aimé aimer…</p>
<p>Un chef d’œuvre littéraire c’est un dictionnaire dans le désordre.</p>
<p>Oui surement mais j’aimerais bien être un peu désordonné.<br />
Ca se bouscule dans ma tête. Tête de linotte. Tête de veau ravigotte. Grosse-tête. Tête de pâté de foi. Petite tête. A la recherche des mots. Et si je faisais comme… que je me farcissais, comme un traiteur, traiteur d’écrits, tous les mots du littré…<br />
Ah les mots, j’aime les mots, surtout les nouveaux, surtout ceux qui résistent, que l’on ne trouve dans aucun dictionnaire. Je lis, tiens, celui-là je ne le connais pas, je l’entoure, renvoi à la page à la fin du livre. Un jour – peut-être – je les chercherai, mais ils sont si nombreux. Je pourrai faire le dictionnaire des mots que je ne connais pas, je reprends les dernières pages de mes livres, je suis sure que mon dico à déjà une bonne épaisseur.<br />
Marvelisage, marcescence, marvellous… Et celui qui m’échappe débroussaillage de la forêt amazonienne, mince alors, ma pensée vagabonde sans succès d’autant que la forêt est dense et le temps mesuré pour cette traversée. Défrichons ?</p>
<p>Les mots comme des arbres à appréhender.</p>
<p>Traverser la vie<br />
Donner du relief et du sens<br />
Sans issue<br />
Pour le meilleur et contre le pire<br />
Pour rire.</p>
<p>Rire ! Rira de tant ; sourire aux mots inconnus sans traduction. Se permettre le sens du sans issue, traduction maladroite d’une émotion discrète et fidèle. Rire contre le pire pour…</p>
<p>Le meilleur. Car j’ai soif, j’ai soif d’écrire, j’ai faim de mot, de lettre. Il faut que je mange un texte, un récit, un livre. Je dois assouvir ma gloutonnerie, remplir mon estomac et le digérer afin de produire à mon tour un texte, un livre que je partagerai avec d’autre de mon espèce. A la fin de ma traverser littéraire, je me sentirai enfin libre.</p>
<p>Je me jette dans les borborygmes des consonnes, dans la tendre réalité des voyelles – Ecriture – Econome espoir – I comme…<br />
Icar – A comme anatomie – Anatomie d’un mot, d’une phrase, d’un texte et pourquoi pas d’un livre. Oui c’est ça, mon désir le plus profond est d’écrire. Ecrire un livre, pour moi, pour le partager avec les autres et pourquoi pas le faire éditer.<br />
Alors un Livre, oui, mais sur quel thème ? Le romantique, le polar, l’aventurier et pourquoi pas la BD ou le livre pour enfants, tout est affaire de goût, de ressenti, d’idées, d’images… Je ne sais pas ce qui est le plus difficile, le plus long, je vais me laisser transporter, on verra bien ; par le roman, la trame, le fil conducteur des personnages, une époque, des éléments décisifs, une chute qui en vaille le coup, je prends des vacances, j’écris jour et nuit, je suis seule dans ma bulle, je m’y sens bien, au bord de la mer, j’ai coupé le téléphone enfin libre de gratter le papier non stop.</p>
<p>Assise dans cette sale, l’inspiration arrive toute seule.<br />
Vite du papier, un autre stylo, je ne veux pas que cela s’arrête, j’ai mille mots dans ma tête, laisser moi du temps c’est une question de survie, de rêve, place à l’imaginaire, à l’éphémère, ouf, le sablier est bloqué j’ai devant moi l’éternité.<br />
Eternité pour écrire un dix… par un vrai chef d’œuvre d’écriture, laissons de côté la modestie et plongeons dans le par esprit. Rêverie fugace ou cauchemar noir tout pour être dit pour six ou pour les autres. Ecriture lecture partage d’émotions et de regard sur le monde, de la réalité à l’absurde.<br />
DISEUSE :  Karine<br />
Je prends mon peigne, je prends mon peigne et je me coiffe. Je me coiffe en tirant mes cheveux et je prends mon peigne. Je prends quoi ? Ma brosse, non mon peigne et je tire mes cheveux. A quoi bon, j’arrête et je prends mes barrettes. De mes barrettes j’attache mes cheveux, de mes cheveux je fais un chignon. De mon chignon je le défais et je prends mon peigne. Avec mon peigne je coiffe mes cheveux, de mes cheveux je fais une natte.</p>
<p>DISEUR : Jean François</p>
<p>J&rsquo;enfile mon pull de laine, mon pull de laine chaude.<br />
Fil de laine, chaude laine, pure laine, clair de lune, la nuit est froide.<br />
Je flaire le poil, le poil et la pelote, c&rsquo;est chaud, c&rsquo;est doux.<br />
Mon pull est une boule.<br />
J&rsquo;entre en laine.<br />
Le tissu me tire sur le nez, le col résiste, je sens mon haleine, mon souffle me chauffe la figure.<br />
J&rsquo;entre en laine, j&rsquo;enfile mon pull.<br />
La laine avec mes cheveux au sommet de mon pull.</p>
<p>DISEUSES : Mariannick et Agnes </p>
<p>&quot;Le premier qui dit la vérité&quot;<br />
Rien<br />
La direction des vents cosmiques<br />
Sans raison apparentes les lumières sont allées dans la même direction<br />
A la rencontre des étoiles<br />
Au départ le ciel était noir puis vint des lumières appelées étoiles<br />
La naissance des héros<br />
Maintenant il est temps d&rsquo;apprendre aux enfants la vérité sur les héros<br />
Découverte de la vie végétale<br />
Les végétaux ont-ils une âme ?<br />
Qui est arrivé le premier sur terre ?<br />
Du groupe de personne celui qui courait le plus vite est sorti le premier<br />
La lumière des étoiles<br />
Le ciel s&rsquo;est allumé de mille et une étoiles scintillantes . Des nouvelles ont remplacé celles qui ont disparu soit éteintes ou devenue poussière . D&rsquo;autres se déplacent rapidement comme pour fuir. La voûte céleste semble s&rsquo;éloigner au fur et à mesure qu&rsquo;arrive l&rsquo;ennemi : le jour  </p>
<p>DISEUSE : Andrée<br />
Tu fais des galipettes en chantant. Surprenant.<br />
Tu te donnes en spectacle à ton âge. Surprenant.<br />
Il y en a qui se laissent prendre à ton jeu. Surprenant.<br />
Et tu ne leur en es même pas reconnaissant. Surprenant.<br />
Seul Prosper n’est pas dupe. Surprenant.<br />
Prosper sait depuis toujours. Surprenant.<br />
Prosper sait et se tait. Surprenant.<br />
Tu l’ignores pourtant. Surprenant.<br />
Tu te crois tout-puissant. Surprenant.<br />
Tu oublies que le temps t’est compté. Surprenant.<br />
Mais Prosper compte pour toi.</p>
<p>DISEUSE : Marcelle</p>
<p>L&rsquo;enfance, c&rsquo;est le manège aux chevaux de bois qui tourne sur la place de l&rsquo;église, engloutissant toutes les pièces de ma tire lire.</p>
<p>L&rsquo;enfance, c&rsquo;est le jardin de mon grand père où je vole les fraises que je déguste avec bonheur.</p>
<p>L&rsquo;enfance, c&rsquo;est la course effrénée en patin à roulettes avec mon frère dans la rue en pente qui longe la maison.</p>
<p>L&rsquo;enfance, c&rsquo;est le jeu de cow-boys et d&rsquo;indiens dont les prisonniers sont enfermés dans l&rsquo;immense séchoir à maïs.</p>
<p>L&rsquo;enfance, c&rsquo;est la photo prise d&rsquo;une petite main retenant une rainette égarée au bord du bassin moussu.</p>
<p>L&rsquo;enfance, c&rsquo;est le tutu blanc et froufroutant qui vire volte autour de la taille, à la fête de l&rsquo;école maternelle, en fin d&rsquo;année.</p>
<p>L&rsquo;enfance, c&rsquo;est le partage de quelques jours de vacances, avec une cousine déguisée en mariée, dans la lumière feutrée du grenier.</p>
<p>DISEUR : Jean François<br />
&quot;Prendre deux personnes de sexes opposés, bien belles et bien mures. Les éplucher délicatement, les coucher sur un lit de cannelle, les recouvrir de fleur d&rsquo;oranger et saupoudrer légèrement de sucre.<br />
Les envelopper d&rsquo;une légère feuille de pâte que vous aurez préalablement passée au rouleau. Mettre à feu très doux et laisser mijoter. Après quelques propos tendres, lorsque les personnes commencent à s&rsquo;agiter, couper le gaz, couvrir et laisser au four toute la nuit.&quot;</p>
<p>DISEUSE : Marie christine</p>
<p>Ecrire c’est tracer sur la neige deux lignes parallèles pour déposer une histoire éphémère<br />
Ecrire c’est construire le langage avec une extrême lenteur<br />
Ecrire c’est éveiller du bout de la plume la trace de la première phrase<br />
Ecrire c’est faire en sorte que les mots sur la page n’oublient pas la blancheur sur laquelle elle se pose<br />
Ecrire avec un geste régulier à l’encre bleue<br />
Dessiner des courbures mystérieuses<br />
Ecrire c’est avancer en aveugle chercher la musique des mots<br />
Ecrire ‘est sous la plume<br />
Entendre griser la marche du temps immortel<br />
Ecrire c’est rechercher la sensation d’une touche juste plus que la quête des mots justes<br />
Ecrire<br />
c’est<br />
tout cela<br />
Et plus encore</p>
<p>Dis toi<br />
Andrée<br />
Que le monde entende les murmures les hurlements les gémissements les jouissances et les silences</p>
<p>Stephan<br />
Dis toi, tu cries de concert avec moi ou je fais tout exploser. Tu es mon parcours verdoyant dans une lune sombre et mystérieuse de mots, de phrases, de paragraphes pour une histoire de lettres que je veux faire mienne.</p>
<p>Annie<br />
Dis toi, assise là derrière moi. Tu fumes ton joint avec l’amertume de ceux qui veulent lire mais ne peuvent pas. Culture asséchée de l’extrémisme. </p>
<p>Agnès<br />
Que le monde entende qu’il est temps de changer, d’échanger, de chercher, d’inventer, de partager</p>
<p>Jean François<br />
Dis toi, pourquoi tu écris ? Pourquoi tu prêtes un sens à ce langage commun du pli et du dépli lacanien. Dis moi pourquoi tu te tords de douleur devant Ground zéro. Dis toi bien que le sens, l’essence même du langage tient sa destinée dans le mercredi, jour des enfants. </p>
<p>Marcelle<br />
Dis toi, pourquoi tu sautes à la corde des mots sans te prendre les pieds dans le sens des lettres. Tu es pis que pendre, prendre et raconter. Tu es le témoin  de ton époque, l’avocat de la ligne brisée de trop de bégaiement absurde.</p>
<p>Christine la brune<br />
Dis toi, comment tu en es là ? Tu réfléchis froidement sur la fabrication de ta prochaine bombe, préservatif usagé de ‘inconscient collectif. Tu joues à la marelle, sautillant de l’enfer au ciel, le sourire innocent de la langue qui sait qu’un jour ou l’autre elle va exploser. </p>
<p>Chantal<br />
Dis toi, dis moi, dis nous que nous ne pouvons pas faire autrement que d’aller à la guerre des mots. Mots croisés hurlant à la face du monde ta colère de nouveau-né. Toi tu prends naissance dans le bal vénitien des masques de l’auteur. Casanova est là qui t’attire dans la fange des prisonniers du pont des soupirs. </p>
<p>Catherine<br />
Que le monde entende les cris des affamés et ceux des opprimés</p>
<p>Andrée<br />
Dis toi, pourquoi tu pleures sur le sein avachi de cette gamine en bas âge déjà mère. Tu saisis l’instant présent pour chercher la vérité fécale qui fait mal. Tu broies le langage de tes yeux moribonds entre deux hoquets du vivant. Tu prends le large avec le foc par grand vent. Tu te laisses aller  au plaisir insensé de ta première lecture. Tu anones p.a &gt; pa- m.a &gt; ma ma, ma maman. Tu n’aimes pas maman, tu aimes t livres. Tu aimes ce qui est écrit en petit, imaginant l’auteur penché sur son bureau, la petite lampe à huile pour un peu de lumière, le rideaux tirés sur l’angoisse de la première phrase.</p>
<p>Christine<br />
Que le monde entende les rêves cassés, les amours contrariés</p>
<p>Pierre Michel<br />
Dis toi, pourquoi tu me juges ? De quel droit tu finis le livre sans même l’avoir commencé. Tu déchires une page pour te rouler une cigarette. Tu cornes, tu écris en marge, tu plonges en apnée au milieu du récit, prêt à détruire le lent processus de l’écriture.</p>
<p>Mariannick<br />
Dis toi, qu’attends tu de moi ? Tu poses une bombe dans mon jardin puis tu t’éloignes, lecteur incongru d’une littérature que tu ne comprends pas. Tu t’éloignes puis tu prends la pose. Assis sur le muret en face, tu griffes légèrement la dernière page du roman avant de la froisser pour finir par la jeter dans le caniveau. </p>
<p>Christine la blonde<br />
Que le monde entende l’espérance hanter</p>
<p>Isabelle<br />
Dis toi, tu me regardes, le dos des consonnes un peu voûté, les épaules rentrées, ka tête en avant, le récit bien tenu dans l’atmosphère théâtrale de ta lecture. Tu souris, tu ris, tu tires la ligne pour mieux la disséquer dans un coin de ton cerveau embrumé. Tu vois loin et tes pensées se perdent au fil de la lecture.</p>
<p>Catherine<br />
Que le monde entende le chemin de la vie</p>
<p>Mariannick<br />
Dis toi, pourquoi je ne t’aime pas ? Tu es la destruction assassine du temps qui passe. Tu oublies que l’écrivain a mis des mois avant de te faire rêver. Tu tires à nouveau une ligne que tu sniff en espérant trouver la logorrhée qui te permettra de t’évader. Tu fixes les lettres et tu te tiens en équilibre sur le récit drolatique d’une imagination éperdue.</p>
<p>Agnès<br />
Dis moi ce que tu lis, je te dirai qui tu es. Tu es le temps assassin du texte sans fin. Tu es ce que j’abhorre le plus dans ta frénésie de lecture. Prends soin de moi, j’ai mis du temps avant d’arriver jusqu’à toi. Tu as tous les droits. Aimer ou détester, c’est ton choix.</p>
<p>Andrée<br />
Que le monde entende le langage caché</p>
<p>Chantal<br />
Dis toi, pourquoi t’es pas là ? J’ai besoin de toi. Avant nous gardions le sens, maintenant c’est le sens qui nous garde. Sous les mots, le sens. Dans les phrases, le sens. Entre la première et la quatrième de couverture, le sens. Toi, bombe à fragmentation des critiques en tout genre.</p>
<p>Mariannick<br />
Que le monde entende et comprenne</p>
<p>Karine<br />
Dis toi, pourquoi tu ne me regarde pas dans les strophes, bien droit dans le tournant de chaque page.</p>
<p>Jean François<br />
Dis toi, pourquoi tu existes ? Sans toi le texte est vierge, page blanche du manque d’inspiration. Sans toi, toi qui te permets tout, y compris te torcher avec chaque morceau du récit.</p>
<p>Stephan<br />
Dis toi, pourquoi tu m’es indispensable ? Tu es la lectrice, le lecteur de mes écrits. Je n’écris pas pour moi. J’écris pour toi que je ne connais pas, pour toi ami-e fidèle d’une auteur éperdue.</p>
<p>Jean François<br />
Que le monde entende et agisse</p>
<p>Andrée<br />
A bon entendeur Salut !</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/204/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/204/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=204&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<item>
		<title>ça commence quand ?</title>
		<link>http://unateliertheatrecriture.wordpress.com/2012/09/10/ca-commence-quand-3/</link>
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		<pubDate>Mon, 10 Sep 2012 16:03:28 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leatoto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[L&#8217;atelier Théâtre/Écriture du  Centre Dramatique de Tours reprendra le mardi 6 novembre   2012. Il se déroulera tous les mardis de 18h00 à 20h00 ( sauf pendant les vacances scolaires). Il est gratuit. Il est ouvert à tous. Il ne requiert aucune compétence en orthographe ou en grammaire. Il n&#8217;y a pas besoin de s’inscrire, il [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=192&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/09/bernard_n1.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-193 alignleft" title="Lire" src="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/09/bernard_n1.jpg?w=150&#038;h=112" alt="" width="150" height="112" /></a></p>
<p>L&rsquo;atelier Théâtre/Écriture du  Centre Dramatique de Tours reprendra le mardi 6 novembre   2012.</p>
<p>Il se déroulera tous les mardis de 18h00 à 20h00 ( sauf pendant les vacances scolaires).</p>
<p>Il est gratuit.</p>
<p>Il est ouvert à tous.</p>
<p>Il ne requiert aucune compétence en orthographe ou en grammaire.</p>
<p>Il n&rsquo;y a pas besoin de s’inscrire, il suffit de venir, d&rsquo;écrire et de lire son texte à voix haute.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/192/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/192/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=192&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>VOILA</title>
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		<pubDate>Tue, 05 Jun 2012 13:51:50 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leatoto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=166&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
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<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/166/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/166/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=166&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Voilà Voilà voilà</title>
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		<pubDate>Fri, 11 May 2012 15:58:47 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leatoto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Jeudi 7 juin à 19 heures à Tours au Nouvel Olympia, les participants aux ateliers Théâtre / Écriture du Centre Dramatique liront pendant une heure une sélection des textes écrits cette année. Et c&#8217;est chouette.  <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=157&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/05/visuel-ate-voila3.jpg"><img class="size-full wp-image aligncenter" src="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/05/visuel-ate-voila3.jpg?w=487" alt="Image" /></a></p>
<p>Jeudi 7 juin à 19 heures à Tours au Nouvel Olympia, les participants aux ateliers Théâtre / Écriture du Centre Dramatique liront pendant une heure une sélection des textes écrits cette année. Et c&rsquo;est chouette.</p>
<p> </p>
<p><a href="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/05/voilc3a0.jpg"><img class="size-full wp-image aligncenter" src="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/05/voilc3a0.jpg?w=487" alt="Image" /></a></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/157/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/157/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=157&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Andrée</title>
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		<pubDate>Thu, 03 May 2012 16:34:36 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leatoto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Andrée n&#8217;a pas d&#8217;ordinateur, n&#8217;a pas internet, vient tout juste d’acquérir un téléphone portable. Andrée recopie ses textes. En voici une dizaine. Il faut cliquer sur le lien, là en bas, d&#8217;accord ? http://v.calameo.com/2.3/cviewer.swf?bkcode=000529965ce3b60d1d36b&#038;langid=fr<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=143&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div id="attachment_144" class="wp-caption alignnone" style="width: 160px"><a href="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/05/dsc_87572.jpg"><img class="size-thumbnail wp-image-144 " title="Bilan Moderne" src="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/05/dsc_87572.jpg?w=150&#038;h=99" alt="" width="150" height="99" /></a><p class="wp-caption-text">Andrée</p></div>
<p>Andrée n&rsquo;a pas d&rsquo;ordinateur, n&rsquo;a pas internet, vient tout juste d’acquérir un téléphone portable. Andrée recopie ses textes. En voici une dizaine. Il faut cliquer sur le lien, là en bas, d&rsquo;accord ?<br />
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<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/143/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/143/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=143&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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	</item>
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		<title>Trajet sonore</title>
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		<pubDate>Thu, 08 Mar 2012 14:08:46 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leatoto</dc:creator>
				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[Trajet sonore from lea toto on Vimeo.<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=133&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<div class='embed-vimeo' style='text-align:center;'><iframe src='http://player.vimeo.com/video/38152750' width='400' height='300' frameborder='0'></iframe></div>
<p><a href="http://vimeo.com/38152750">Trajet sonore</a> from <a href="http://vimeo.com/user10760408">lea toto</a> on <a href="http://vimeo.com">Vimeo</a>.</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/133/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/133/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=133&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Lecture, Marcelle.</title>
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		<pubDate>Wed, 07 Mar 2012 15:03:36 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[&#160; TIENS-TOI DROIT &#160; LA LIGNE QUI COURT SUR TA PEAU &#160; TETANISEE &#160; VIEILLE CANAILLE<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=110&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p><a href="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/03/pic_6633.jpg"><img class="alignleft  wp-image-113" title="titre" src="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/03/pic_6633.jpg?w=460&#038;h=97" alt="&quot;La joconde&quot;" width="460" height="97" /></a></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>TIENS-TOI DROIT<iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F38997286"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>LA LIGNE QUI COURT SUR TA PEAU<iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F38997439"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>TETANISEE<iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F38997841"></iframe></p>
<p>&nbsp;</p>
<p>VIEILLE CANAILLE<iframe width="100%" height="166" scrolling="no" frameborder="no" src="http://w.soundcloud.com/player?url=http%3A%2F%2Fapi.soundcloud.com%2Ftracks%2F38997104"></iframe></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/110/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/110/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=110&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>L&#8217;enfance ça fait du bruit</title>
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		<pubDate>Mon, 05 Mar 2012 14:22:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leatoto</dc:creator>
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		<description><![CDATA[L&#8217;enfance c&#8217;est Aïe Hue Boum Paf Ho Paf l&#8217;enfance c&#8217;est Boum Aïe Hue HO Ho l&#8217;enfance Paf Boum c&#8217;est Aïe Hue C&#8217;est Hue Ho Paf Aïe l&#8217;enfance Boum L&#8217;enfance Ho Hue Aïe c&#8217;est Boum Paf Boum  Paf Hue Ho c&#8217;est l&#8217;enfance Aïe Aïe l&#8217;enfance c&#8217;est Paf Ho Boum Hue L’enfance c’est plouf boum paf bing [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=94&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:justify;"><a href="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/03/pic_64452.jpg"><img title="" src="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/03/pic_64452.jpg?w=150&#038;h=112" alt="&quot;La joconde&quot;" width="150" height="112" /></a><a href="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/03/grrr.jpg"><img title="Grrr" src="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/03/grrr.jpg?w=150&#038;h=112" alt="&quot;La joconde&quot;" width="150" height="112" /></a><a href="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/03/humpf.jpg"><img title="Humpf" src="http://unateliertheatrecriture.files.wordpress.com/2012/03/humpf.jpg?w=150&#038;h=112" alt="&quot;La joconde&quot;" width="150" height="112" /></a></p>
<p style="text-align:justify;">L&rsquo;enfance c&rsquo;est Aïe Hue Boum Paf Ho Paf l&rsquo;enfance c&rsquo;est Boum Aïe Hue HO Ho l&rsquo;enfance Paf Boum c&rsquo;est Aïe Hue C&rsquo;est Hue Ho Paf Aïe l&rsquo;enfance Boum L&rsquo;enfance Ho Hue Aïe c&rsquo;est Boum Paf Boum  Paf Hue Ho c&rsquo;est l&rsquo;enfance Aïe Aïe l&rsquo;enfance c&rsquo;est Paf Ho Boum Hue L’enfance c’est plouf boum paf bing prout Plouf l’enfance c’est boum paf bing prout C’est prout l’enfance plouf boum paf bing L’enfance c’est paf bing prout boum plouf Paf bing boum plouf prout c’est l’enfance Boum c’est l’enfance paf bing plouf prout C’est paf bing boum plouf prout l’enfance L’enfance c’est SPLASH BLING PLOUF VLAN ZBOING TUPLOUF l’enfance SPLASH, c’est TUT VLAN ZBOING BLIN VLAN ZBOING c’est l’enfance BLING PLOUF TUT SPLASH C ‘est BLING TUT VLAN PLOUF l’enfance SPLASH ZBOING SPLASH, l’enfance c’est PLOUF ZBOING TUT BLING VLAN ZBOING c’est BLING l’enfance SPLASH PLOUF VLAN C’est TUT ZBOING VLAN BLING PLOUF SPLASH l’enfance L’enfance c’est du pat boum chlac clic oups Pat l’enfance c’est chlac clic oups boum C’est l’enfance oups clic pat boum chlac Oups pat boum l’enfance c’est chlac clic Boum l’enfance c’est pat clic oups chlac Chlac clic boum l’enfance c’est pat oups C’est boum l’enfance oups clic pat chlac<span style="font-size:large;"> L’enfance- c’est -boum -piupiu -oh la la- snif- grrrrr… Boum -oh la la- grrrr.. -C’est- snif- l’enfance- piupiu Oh la la l-’enfance- grrr…- snif- c’est -piupiu Piupiu- boum -oh la la- grrr…- snif- c’est- l’enfance C’est- snif –piupiu- grrr… -l’enfance- oh la la Grrrr…- l’enfance- piupiu- c’est -oh la la- boum- snif Snif -c’est- boum -l’enfance- piupiu- oh la la- grrr…</span>L’enfance c’est argh hep grrr haaa zip zizi culcul Argh zizi c’est culcul l’enfance hep zip grrrr C’est l’enfance culcul zizi zip  grrr argh Grrr zizo c’est culcul l’enfance argh Culcul zizi c’est argh l’enfance Argh l’enfance c’est culcul L’enfance c’est argh L’enfance c’est boum ouin paf hihan chutttt Paf c’est hihan l’enfance  boum ouin chutttt Boum chutttt l’enfance c’est ouin paf hihan Chutttt paf boum hihan ouin c’est l’enfance Ouin c’est boum hihan chutttt l’enfance paf Hihan l’enfance chutttt paf boum c’est ouin C’est chutttt paf boum l’enfance  ouin hihan l&rsquo;enfance c&rsquo;est aie pouet pouet badaboum crac splash Pouet pouet c&rsquo;est  badaboum splash aie l&rsquo;enfance crac Crac l&rsquo;enfance aie splash c&rsquo;est pouet pouet badaboum l&rsquo;enfance c&rsquo;est badaboum crac aie splash pouet pouet c&rsquo;est pouet pouet badaboum l&rsquo;enfance crac aie splash .</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>&nbsp;</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/94/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/unateliertheatrecriture.wordpress.com/94/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=94&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>J&#8217;ai des mots à dire</title>
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		<pubDate>Tue, 24 Jan 2012 14:32:14 +0000</pubDate>
		<dc:creator>leatoto</dc:creator>
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		<description><![CDATA[ J&#8217;ai mis du White Spirit sur mes chaussures bleues pour cambrioler mon amour. Le ciel est d&#8217;un gris hypocondriaque. Ouf! Je retrouve ma voiture et je fonce rejoindre mon aimée qui rêve au milieu des voiliers. Je monte quatre à quatre, j&#8217;ai la calvitie incendiaire mais mon ton cajoleur la fait chanter comme une rivière. [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=85&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p style="text-align:left;"> J&rsquo;ai mis du White Spirit sur mes chaussures bleues pour cambrioler mon amour. Le ciel est d&rsquo;un gris hypocondriaque. Ouf! Je retrouve ma voiture et je fonce rejoindre mon aimée qui rêve au milieu des voiliers. Je monte quatre à quatre, j&rsquo;ai la calvitie incendiaire mais mon ton cajoleur la fait chanter comme une rivière. C&rsquo;est une symphonie! Je l&rsquo;embrasse à pleine bouche. Forfait accompli! Je cours, je vogue, je vole vers ma mie. Sans White Spirit,  ma chaussure est bleue  et je vais cambrioler l’amour. Ciel ! Quelle inspiration pour un hypochondriaque qui se soigne par l’écriture.  OUF ! Il n’était pas facile à placer celui là, il ne rentrait pas dans la voiture ni dans mon rêve. Mon rêve, ce serait plutôt un voilier élégant sur l’océan et surtout pas cette calvitie qui me guette comme dans le portrait de mon grand-père dans la cage d’escalier qui, enfant, me donnait le vertige. Un désir incendiaire m’a poussé à détruire la maison de mes ancêtres et son souvenir trop cajoleur … Je ne regrette rien. Maintenant je peux chanter avec la rivière, écrire une symphonie et te donner un baiser sur la bouche. Je prends ma bouteille white-spirit, je l’ouvre et s’en le faire exprès j’éclabousse ma chaussure. Je nettoie mon pinceau enduis de peinture bleu quand tout d’un coup un cambrioleur surgit dans mon salon. Il avait le physique de mon premier amour, ciel ! C’est lui non ce n’est pas possible il est tombé hypocondriaque, ouf, je me suis trompé. Je crie au voleur, il prend peur et saute par la fenêtre et monte dans sa voiture. Quelle aventure, personne va me croire. Et pourtant ce n’est pas un rêve. Pas comme le voilier de Pierre, lui et sa calvitie et sa blonde incendiaire quel cajoleur. Il peut chanter le beau Pierre le long de la rivière, fredonner sa symphonie sortant de sa bouche. Il ne m’y prendra plus. Bouche bée, il bayait aux corneilles. C’était un grand rêveur, ouvert au monde. Un monde symphonie, pour lui, tout, la rivière, la pluie, le vent le plus léger, tout chantait. Il avançait, les oreilles au vent et s’emplissait de sons, la difficulté étant ensuite de les restituer. Cajoleur, il avait persuadé son voisin, un jeune musicien à la chevelure incendiaire malgré une calvitie naissante, il l’avait persuadé de refaire les chemins avec lui pour tenter de noter, de transformer en musique les sons qui l’avaient marqué. Sur la rivière, le petit voilier n’était pas un rêve, mais une belle réalité avec ses voiles lofant au vent, un son ample et plein à condition de ne pas être noyé dans le bruit des voitures passant sur la route voisine. Ouf ! Tout y était, le voilier, le vent, les voiles abandonnées pleines de bruit. Rêveur que tout cela rendait parfois un peu hypocondriaque, cette quête effrénée pour qui entend mais ne sait pas transcrire, ce rêveur regardait le ciel avec amour et s’émerveillait de tout ce qui lui était offert. Oui, offert, rien à cambrioler, écouter seulement, tout était donné, même à lui qui n’était qu’un bleu en musique. Il lui suffisait d’aller, équipé de bonnes chaussures, pour capter les bruits du monde, seuls les sons le captivaient, les images, les odeurs lui important moins. C’est ainsi qu’il n’avait ni vu, ni senti le White spirit et tout renversé, fasciné par un peintre en bâtiment frappant une palissade des coups répétés de son large pinceau. Tout, oui tout lui était matière à écoute. Luis avait une bouche sensuelle. Quand il faisait entendre sa voix de ténor, on imaginait une  symphonie aux notes roucoulant comme une rivière. Personne mieux que lui ne savait chanter avec un air cajoleur qui séduisait aussitôt. Parfois, il s&rsquo;abandonnait et pouvait prendre un ton incendiaire qui nous surprenait. Il cachait sa calvitie naissante sous une perruque qu&rsquo;il avait un jour perdue sur son voilier de rêve, le vent lui ayant joué un tour. Il aimait à circuler triomphant au volant d&rsquo;une voiture rapide et rouge, avec à ses côtés une créature blonde platine. Elle avait une fois paru avoir  un malaise, mais ouf ! Ce n&rsquo;était qu&rsquo;une hypocondriaque avertie. Elle ne cessait de crier : « Oh ! Ciel ! Mon amour ! Que n&rsquo;attends tu pas pour cambrioler le bleu de mon cœur ? ». Mais, seul, en  écho, lui avait répondu le claquement de ses chaussures qui résonnaient sur le néo carrelage passé soigneusement au white-spirit.  Mes yeux regardaient sa bouche. Ce qu’elle disait vraiment je ne l’entendais pas. Le visage autour je ne le voyais pas. Sa bouche était immense et délicate, Fellinienne. Elle s’agitait éructant des milliards de sons. Qui ne parvenaient pas à mon oreille. Je regardais et c’était comme si j’avais eu les yeux fermées et que de cet orifice là sortait une symphonie qui se répandait dans ma tête et dans mon corps comme une rivière de notes, de sons, carillonnant, et trébuchants en cascades, se répercutant de paroi en paroi de milliards d’échos, comme si tout mon être s’était mis à chanter. Et ces sons cajoleurs caressaient mon âme au plus profond de moi. Cette musique m’emportait au delà du monde telle une mélodie incendiaire qui aurait enflammé les océans même<br />
-    …tie<br />
-    Hein ?<br />
-    Non je dis ça ne te complexe pas de trop ta calvitie ?</p>
<p>Je fermai les yeux un instant, pour de vrai cette fois. Au loin sur les océans de mon hallucination un ultime voilier disparaissait à l’horizon, comme dans un rêve qu’on essaie de retenir mais qui s’enfuit à l’infini. Quand je les rouvris je fus assourdi par le vacarme infernal des voitures qui passaient derrière nous dans la rue. Un reste d’hallucination mais cette fois comme si le paysage urbain avait défilé devant mes yeux à toute allure, dans un film en accélérée, les gens, la circulation, un paysage urbain se recomposant sans cesse à mille à l’heure. J’en avais des palpitations, des sueurs froides. Un truc de fou, de ouf comme on dit aujourd’hui.</p>
<p>-    Tu es sur que tu te sens bien, Charles Henri ?<br />
-    Ben non justement.<br />
-    Il faut dire que tu as toujours eu la réputation d’être un peu hypocondriaque mais là je reconnais que tu es tout pâle, et tout en sueur. Veux-tu que nous nous asseyions un instant ? C’est ma question sur tes cheveux qui t’a mis dans cet état là ? je suis désolée. Je ne pensais pas que c’était vraiment un point sensible mais comme on en parlait justement, du coup…<br />
-    Bien sur que non. Je… Oui, je veux bien m’asseoir cinq minutes par contre.<br />
Il y avait justement un banc. Je m’affalai en poussant un ouf de soulagement. Au dessus de moi le ciel était pur. Je regardai Marie Alice. Elle me souriait d’un air dubitatif. Je lui rendis un sourire tout aussi niais. Alors c’était cela l’amour ? Des hallucinations auditives et visuelles. Un aveuglement soudain. Un dérèglement de tous les sens. On se croit bien peinard et pan ! En plein cœur. L’amour entre en vous par effraction, comme un cambrioleur et met tout sens dessus dessous. Nous restâmes ainsi assis en silence quelques minutes, Marie Alice ne sachant trop quoi dire, moi un peu bêta. Je lui fis signe que ça allait aller et nous nous remîmes en route, elle, me regardant de temps à autre du coin de l’œil pour s’assurer que tout allait bien et moi glissant des regards en coin pour de tout autres raisons. Je me sentais encore tout chose, tout chamboulé, tout retourné. Je venais de vivre…un coup de foudre en fait !!! J’étais sans doute le seul. Car Marie Alice n’était somme toute qu’une collègue sympa qui m’accompagnait pour la visite annuelle à la médecine du travail.<br />
-    c’est pas plus mal finalement que ce soit le jour de la visite…<br />
-    hein ? quoi ?<br />
-    je dis…ATTENTION !!!<br />
Je venais de glisser du trottoir. Je m’étais tordu la cheville. Marie Alice je le voyais bien me regardait avec des yeux faussement pleins de compassion et réprimait un fou rire.<br />
-    Ca va ?<br />
-    J’aurai sans doute un bleu ou deux mais ça va. C’est juste que j’ai pété ma chaussure gauche.<br />
Pour un peu quand même j’en aurais pleuré.<br />
-    C’est pas de chance. Tu as la tête ailleurs dis donc !<br />
Mais déjà mon esprit repartait sur les plaines sauvages, vagabondait dans la prairie. J’étais un indien chevauchant un cheval pommelé, à moitié nu sous la morsure du vent, et je poursuivais un esprit. Un esprit immaculé, un esprit blanc, ce que les apaches appelaient dans la langue de l’occupant anglo-saxon, the white spirit. Armée de mon white spirit avec mes chaussures bleues, je m&rsquo;en vais cambrioler la belle maison de mon ex amour. Ciel!! J’ai oublié de fermer à clefs&#8230; Alors comme ça, il paraît que je suis hypocondriaque, j&rsquo;ai regardé dans le dico, ce n&rsquo;est pas moi, ouf!! Je sors la voiture, embouteillages, je m&rsquo;évade, je rêve d&rsquo;un grand voilier sur l&rsquo;océan, quoi!! Des pirates?!!!Rackam le Rouge a vieilli, il a une calvitie débutante, il est borgne et porte une jambe de bois, tableau d&rsquo;enfer pour cet incendiaire confirmé!!! Qu&rsquo;est devenu mon amour?? Mon ex cajoleur que j&rsquo;entendais chanter au bord de la rivière, dès les premières notes, une symphonie merveilleuse s&rsquo;envolait&#8230;&#8230;&#8230; Histoire terminée&#8230;&#8230;. me voici, bouche bée!! White Spirit, où il est le White Spirit ? Albert, aide moi, Albert répond, enlève la tache de peinture sur mes chaussures bleues, je n&rsquo;ai vraiment pas le temps. Je t&rsquo;ai pourtant dit de ranger ces pots  de peinture dans ton foutu placard. Oui, je m&rsquo;énerve, n&rsquo;oublie pas, ce soir, nous recevons entre autres, ton cher ami hypocondriaque. Ciel, amour, écoute : il va déjà plomber dès le départ le moral des autres convives avec ses petits bobos imaginaires, surtout Henriette, en ce moment, entre sa mère qui s&rsquo;est cassé la jambe, en plus tu te souviens, elle s&rsquo;est fait cambrioler, ouf il y a tout juste un mois, alors je t&rsquo;en prie, dès que la voiture de ton ami Marco arrive, dis lui de raconter cette fameuse histoire du rêve d&rsquo;Icare, aussi, suggère lui, amour, pour cet été qu’il emmène Henriette faire une croisière sur son voilier. La pauvre, cela lui changera les idées, après tout ils sont libres tous les deux, et puis il est tellement cajoleur, ton Marco. Une bombe comme mon ami Henriette à son bord flattera son ego, elle est si incendiaire. J&rsquo;en suis jaloux, quoi, sa calvitie ? Il oubliera. Je fais confiance à Henriette, elle va lui chanter la chanson de la rivière de diamants, symphonie pour une bouche.</p>
<p>Jean-François Annaïck Karine Catherine Marcelle Christine Agnès Marie Christine</p>
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		<title>Agir et monologuer</title>
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		<pubDate>Tue, 17 Jan 2012 14:59:02 +0000</pubDate>
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				<category><![CDATA[Uncategorized]]></category>

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		<description><![CDATA[22 novembre 2011 Succession Un nom, une action entrecoupés d’un ou de plusieurs monologues intérieurs Marietta mange Il faut que je mastique bien ma viande tiens je parie qu’elle est même pas HALAL faut pas trop leur en demander à la cantine c’est pas du porc c’est déjà ça de toute façon je m’en fous [&#8230;]<img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=unateliertheatrecriture.wordpress.com&#038;blog=29740895&#038;post=80&#038;subd=unateliertheatrecriture&#038;ref=&#038;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
				<content:encoded><![CDATA[<p>22 novembre 2011<br />
Succession<br />
Un nom, une action entrecoupés d’un ou de plusieurs monologues intérieurs</p>
<p>Marietta mange<br />
Il faut que je mastique bien ma viande tiens je parie qu’elle est même pas HALAL faut pas trop leur en demander à la cantine c’est pas du porc c’est déjà ça de toute façon je m’en fous de tous ces animaux même si leur âme est dans leur sang …Tiens je mastique leur âme c’est bien çà   mastiquer l’âme   MASTIQUER L’AME<br />
Marthe rêve<br />
C’est pas étonnant qu’elle soit si mince elle mange rien elle a pas besoin de mastiquer d’âme<br />
Matilde arrive<br />
Je me demande comment elle fait pour avoir les cheveux si lisses, elle a peut être fait un lissage brésilien elle a les moyens    j’irais bien au Brésil   à COPACOBANA ce serait ma cabane à moi<br />
Nathan court<br />
Nordine sort<br />
Lou ricane<br />
Eliot bouscule<br />
Jossy discute<br />
Mariama chante<br />
Marietta mange<br />
Mariama quelle dinde celle la mais je l’aime bien on rigole bien avec elle peut être que je vais me réincarner en dinde à force de mastiquer l’âme de ce pauvre sauté de dinde à la crème sans goût sans âme mais plein de calories surtout dans la crème en fait il faudrait manger que la viande, l’âme de la viande, l’âme de l’animal  je serais moins grosse et plus spirituelle<br />
Thomas entre<br />
Marietta rougit<br />
Il me regarde même pas et moi j’ai le cœur qui bat si fort à chaque fois que je le vois …. Peut être que je devrais lui raconter pourquoi les musulmans et les juifs saignent leurs moutons avant de les tuer   C’est pour que leur âme puisse s’échapper par le sang avant de les tuer et de  les  manger c’est par respect pour l’animal et par respect pour DIEU c’est mon grand-père qui m’a raconté çà et j’ai trouvé çà beau…et je suis sûre qui sait pas çà Thomas il s’y connait pas en religion et puis il s’rendrait compte que je sais des choses même si j’ai pas eu les félicitations au 1er trimestre…<br />
Marietta aime<br />
Thomas mange<br />
Marthe se réveille<br />
Mathilde se recoiffe<br />
Nathan ralentit<br />
Nordine revient<br />
Mariama se tait<br />
Jossy sourit<br />
Annaïck écrit<br />
Léa lit<br />
<em></em></p>
<p><em>Anaïck</em></p>
<p>Hildegarde regarde<br />
Hildegarde bavarde<br />
Dominique tique<br />
Dominique astique<br />
Frédéric pique<br />
Bertrand attend<br />
Bertrand vend<br />
Babette étiquette<br />
Violette furète<br />
Violette achète<br />
Violette s’inquiète<br />
Violette rouspète<br />
Mais c’est pas vrai j’y crois pas l’autre pétasse qui me passe devant avec son chariot plein jusqu’au trognon, pauvre naze, tu y arriveras bien assez vite à la tombe à griller tout le monde, pis l’autre là, l’empotée à la caisse, on dirait qu’elle a qu’un bras, c’est ça ma cocotte, prend ton temps surtout, c’est vrai que t’es pas payé au client, allez c’est ça, un peu de zèle, remets bien ta mèche des fois qu’elle t’empêcherait de voir les prix, tu vas nous sortir le rouge à lèvre où le vernis pour les ongles, bon ben on est là jusqu’au réveillon, c’est vrai qu’y se rapproche mais bon sang qu’est ce qu’ils font tous dans ce magasin de merde à cette heure là y ont pas autre chose à faire je sais pas moi s’occuper de leurs lardons mince alors y a pas quelque chose de bien à la télé. Tiens faudra que je regarde les programmes avant d’aller faire les courses.<br />
Marjorie rie<br />
Lucien revient<br />
Martine s’échine<br />
Si elle croit que je la voie pas l’autre la bas à s’agiter, encore une qui va dire à sa fille « regarde ma chérie ce qui t’attend si tu travailles pas bien à l’école » en tout cas elle, elle a pas une tête d’une qu’a bien travailler à l’école. Tiens, vient le faire mon boulot de machine avec mes bras qui n’en peuvent plus, mes cervicales qui craquent. Avec ton air de mijaurée tu tiendrais pas trois plombes. Si tu crois que ça m’impressionne tes grands airs de celle qu’a quelque chose d’important à faire, à d’autres, t’as peur de rater ton feuilleton à la télé. Allez vas y et surtout laisse bien tous les trucs lourds dans le sac à congélo histoire que je me bousille un peu plus le dos, vivement ce soir tiens que je sois plus obligée de sourire bêtement comme si j’étais contente.<br />
Martine sourie<br />
Dudule recule<br />
Nestor sort</p>
<p><em>Chantal</em><br />
Depuis le balcon de l’hôtel de ville<br />
Je regarde vers le bas<br />
Je vois monsieur le maire Jean parle<br />
Oh mais qu’est-ce qu’elle est belle cette mairie et si je la faisais repeindre<br />
Le policier Yves siffle<br />
J’en ai marre de me retrouver à la circulation<br />
Oh j’ai oublié de prendre du pain à la boulangerie ma femme va encore râler<br />
La serveuse de l’univers Brigitte sert<br />
Que je ris de me voir si belle ce matin oh non encore une pelleteuse si ça continu ma bière va avoir un gout de poussière<br />
Le directeur de l’agence Numéricable boit<br />
Si je pouvais seulement passer chez orange je n’aurais plus de problèmes avec les gens de miséricable quant je pense à free j’ai les cheveux qui se hérissent<br />
Le conducteur de bus Pascal baille<br />
Vivement ce soir je commence à dormir debout il faut que je m’achète un nouveau pyjama<br />
Le jardinier Paul rempote<br />
Un petit coup pour toi et un autre pour toi maintenant il va falloir que ça pousse sinon je vous donne plus d’eau<br />
Une photographe Germaine traine<br />
Un peu plus a gauche ou a droite ?<br />
Et pourquoi pas par là ou ici ?<br />
Bah de toute façon sa va être encore raté.</p>
<p><em>Pascal</em></p>
<p>Luis démarre<br />
Luis parle<br />
Luis propose<br />
Luis s’emballe<br />
Marie observe<br />
Luis en bafouille<br />
Pierre s’étonne<br />
Luis postillonne<br />
Jeanne se trémousse<br />
Marc tousse<br />
Jeanne se gratte<br />
Luis continue<br />
Luis avance<br />
Rachid s’embête<br />
Pierre réfléchit<br />
Luis invective<br />
Marie sourit<br />
Charles renifle<br />
Benjamin n’entend pas<br />
Rachid rêve<br />
Marie se tourne<br />
Jeanne se calme<br />
Charles se mouche<br />
Marie se tourne et se retourne<br />
Quelle barbe ce type   et dire que je suis au milieu d’un rang   impossible de filer à l’anglaise c’est pourtant une belle salle   on est bien assis  heureusement qu’il y a de grandes baies vitrées derrière l’orateur   orateur tu parles   les arbres du parc sont magnifiques  oh là là j’ai oublié de lancer ma lessive en partant c’est plaisant de penser à ça là  demain j’irai au marché de bonne heure et puis   tiens mais il en perd le souffle  il est de plus en plus rouge  c’est décidé je quitte cette association  je perds mon temps avec ces gens-là  je vais faire cavalier seul  même moi je ferais mieux sur l’estrade  et puis il fait chaud beaucoup trop chaud j’en peux plus  pourvu que je ne me mette pas à tousser  finalement c’est peut-être une idée cela ferait diversion  une bonne quinte irrépressible  mais j’ose pas   en face il y a des platanes et un arbre que je ne connais pas    je suis un peu loin pour herboriser je pourrais demander à mes voisins  ils sont aussi peu concentrés que moi  j’en ai marre tiens Jeanne soupire<br />
Marie chancelle<br />
Marc pouffe<br />
Pierre suppute<br />
Benjamin roupille<br />
Et Luis pérore imperturbablement.</p>
<p><em>Catherine</em></p>
<p>Anne s&rsquo;assoit Anne réfléchit Anne dîne Anne casse Anne parle Anne lav Anne pense<br />
J&rsquo;ai oublié de prendre le rendez-vous il pouvait bien le faire pendant sa pause<br />
Demain j&rsquo;achète ce joli manteau en vitrine j&rsquo;en profiterai pour voir Clémence</p>
<p>Anne essuie Anne s&rsquo;énerve Anne claque Anne sort Anne téléphone<br />
La facture à payer c&rsquo;est encore pour moi Que m&rsquo;a dit ma mère à propos du cadeau de mon frère ?<br />
je n&rsquo;oublie pas son anniversaire inutile de me le rappeler</p>
<p>Anne se penche anne ramasse Anne passe Anne allume Anne marche Anne se retourne<br />
Ce que j&rsquo;ai bien aimé ce film hier soir les paysages fantastiques me font rêver ajouter<br />
la beurre et la semoule sur  la liste sinon</p>
<p>Anne se précipite Anne stop Anne quitte Anne oublie Anne revient Anne essaie Anne ouvre<br />
Anne prend<br />
Si je me couche tôt je lirai au lit aller à la bibliothèque françoise m&rsquo;a parlé d&rsquo;un livre mais de<br />
quel auteur je ne sais plus</p>
<p>Anne discute Anne s&rsquo;explique Anne fait Anne plie Anne s&rsquo;appuie Anne lève Anne écoute<br />
qu&rsquo;ai je fait du carnet de timbres qui l&rsquo;a pris je l&rsquo;ai peut-être tout simplement laissé à<br />
la poste ou mis dans le fond de mon sac Demain atelier d&rsquo;écriture ne pas y panser à l&rsquo;avance<br />
il y aura encore un sujet surprise</p>
<p>Anne se couche Anne éteint Anne rêve .</p>
<p><em>Mariannick</em></p>
<p>Je t’attends</p>
<p>Je vois la place effervescente. Je vois Didier et ses chiens qui défèquent partout dans le gazon. Je vois Madeleine pousser lentement le landau autour de la fontaine. Je vois un couple enlacé assis sur le banc en pierre. Je vois le ciel bleu azur, le soleil chaud et rayonnant. Je vois Thiéfaine passer en tenant sa baguette. Je vois le flot de voitures s&rsquo;arrêter au feu rouge. Je vois un bout de mer derrière l&rsquo;arsenal militaire. Je vois Mohamed et Fathia entrer dans l&rsquo;immeuble. Je vois une discussion déchaînée entre deux jeunes hommes. J&rsquo;entends des bribes d&rsquo;engueulades entre deux klaxon. Je vois une voiture de police. Je ne te vois pas.<br />
Les lampadaires donnent vie aux ombres. Là un quidam s&rsquo;arrête pour allumer une cigarette. Deux filles court vêtues se dirigent vers la rue des putes. Des militaires américains chantent à tue tête l&rsquo;hymne national en tenant à bout de bras des sachets en papier dans lesquels sont dissimulées les bouteilles d&rsquo;alcool. Ils vont eux aussi dans la rue des putes. La lune est pleine et ronde, distribuant des zones de clarté dans la nuit. Didier est toujours là avec ses chiens. Il est assis. Il attend. Quoi ? Il n&rsquo;a jamais sû me répondre. Je t&rsquo;attends mais tu n&rsquo;arrives pas.<br />
La nuit se déchire avec ses lambeaux d&rsquo;aurore. Le soleil poinjte à l&rsquo;horizon mais la lune sera là pour la journée. Les mouettes arrivent du large devançant les chaluts. Elles crient au rythme de l&rsquo;aube naissante. Je vois une fille crier au secours. Je vos un homme derrière elle qui marche vite. Il faut que j&rsquo;appelle la police. Je vois un des jeunes d&rsquo;hier dormir sur la pelouse.<br />
J&rsquo;entends un bruit d&rsquo;arme à feu. Je vois l&rsquo;autre jeune d&rsquo;hier partir en courant un fusil à la main. Je vois le premier jeune couche, une tâche de sang sur le tee-shirt. Je vois les pompiers qui tentent de le réanimer. Je vois la civière. Je vois un début d&rsquo;attroupement. Je vois tout ça mais je ne te vois pas. Je crie je t&rsquo;aime. Le cri se perd. Tu ne viendras pas.</p>
<p><em>Stephan</em></p>
<p>La petite crique sur l&rsquo;Atlantique ; Léa se baigne, Zoé mange, Lucas téléphone, Raymonde écrit, René lit, Julie s&rsquo;enduit, Thomas boit, Marie bronze, paul et Jules se querellent, Nicolas joue, Rose barbote, Sylvie rêve, Robert ronfle, Rémy se marre. Raymonde écrit, cherche ses mots, comment lui dire sans la vexer, ah mince j&rsquo;ai oublié de régler la facture d&rsquo;eau, il faut absolument que je le fasse en rentrant, voyons quelle heure est-il 15h, je reste encore un peu, c&rsquo;est si bon les rayons du soleil sur la peau, ah non, cette fois ci je ne ressemblerai pas à une écrevisse rouge vermillon, j&rsquo;ai mis la crème, bon alors  où j&rsquo;en suis, oh zut, une tache sur la feuille, tant pis je la recopierai après au propre, tiens j&rsquo;en profiterai pour me relire, c&rsquo;est vrai elle n&rsquo;aime pas les fautes d&rsquo;orthographe, il paraît qu&rsquo;elles lui sautent à la figure&#8230; bon alors heu comment lui dire sans la vexer. heu ma chère fille, pour Noël, j&rsquo;aimerais mieux que tu viennes, mais au fait elle m&rsquo;a dit  qu&rsquo;elle avait changé ses horaires de travail, je ne les connais pas ah mais, qu&rsquo;est-ce qu&rsquo;il a le poivre et sel du bout à me regarder comme cela, c&rsquo;est la bretelle de mon maillot ou quoi? tout à l&rsquo;heure, j&rsquo;ai bien vu, il n&rsquo;a pas arrêter de mater les petites jeunes en deux pièces. bon allez je me concentre, mais j&rsquo;y pense pourquoi ne pas lui téléphoner, ce serait plus pratique j&rsquo;aurais la réponse tout de suite, sauf que, il y a le répondeur, oh elle est bien bonne celle là, un répondeur, vous avez déjà essayé, oh je parle bien sûr de ceux des services administratifs, il y a ceux qui parlent tellement vite que tu ne sais plus si tu dois taper 1,2 ou 3, tu réessayes et quand enfin tu l&rsquo;obtiens, une jolie voix te dit, il y a 15mn d&rsquo;attente ou mieux on te raccroche au nez, 16h j&rsquo;ai un petit creux quelques biscuits, une pomme, un peu d&rsquo;eau goûter parfait  c&rsquo;est mon diétiéticien qui me l&rsquo;a dit, régime avant les fêtes, si je veux rentrer dans ma nouvelle robe, oui déjà achetée pour me motiver, noire, vaporeuse, très féminine, tiens il faudra que je me trouve un nouveau collier, un sautoir peut être, bon j&rsquo;arrête d&rsquo;écrire, je lui téléphonerai, on verra pour Noël&#8230;&#8230;&#8230;&#8230;.</p>
<p>Agnès</p>
<p>Lol arrive<br />
Lol entre<br />
Lol regarde<br />
Lol observe<br />
Lol s&rsquo;approche<br />
Lol réfléchit</p>
<p>Aujourd&rsquo;hui la vie n&rsquo;est plus possible dans cette grisaille ambiante  Il va falloir prendre une décision<br />
changer de décor du tout au tout  Elle va devoir retrousser les manches ce qui n&rsquo;est vraiment pas dans ses habitudes  De toute façon elle reste passive qu&rsquo;elles que soient les circonstances</p>
<p>Lol imagine<br />
Lol cherche</p>
<p>J&rsquo;attends d&rsquo;elle un sursaut  Quel événement peut l&rsquo;ébranler au point de la faire passer à l&rsquo;action</p>
<p>Lol choisit<br />
Lol se change<br />
Lol se prépare<br />
Lol prend de la hauteur<br />
Lol creuse<br />
Lol enduit<br />
Lol ponce<br />
Lol dépoussière<br />
Lol peint</p>
<p>Elle est trop émotive  Un rien la déstabilise  Faire un choix semble au dessus de ses forces  Quel aménagement organiser  Quel meuble garder  Où le placer  Quelle peinture  Quelle couleur  Elle me désole  Elle seule est capable d&rsquo;être la voyageuse immobile   sidérée  dans le recoin sombre d&rsquo;une pièce</p>
<p>Lol attend<br />
Lol trace<br />
Lol repasse<br />
Lol fignole<br />
Lol se recule<br />
Lol sourit<br />
Lol se félicite<br />
Lol s&rsquo;assoit<br />
Lol contemple<br />
Lol s&rsquo;immobilise ravie.</p>
<p><em>Marcelle</em></p>
<p>Il y a un endroit que j’aime particulièrement : le Vieux Tours. Je m’assoie à la terrasse d’un café de la place Plumereau et je passe ma commande auprès du serveur qui est plutôt beau gosse mais pas autant que Momo. Oui Momo est présent. Il fume, il boit, il bouquine, pas comme Tania qui rêvasse ou Julie qui parle ; comme tout le monde place plume d’ailleurs. Tiens le représentant en café livre. Et Momo qui pense qu’es-ce que je suis bête d’être amoureux elle me regarde même pas comme si j’étais un laidron un poivron un cochon bref un porc. Pendant ce temps Tania sirote. Qu’es-ce qu’elle est belle avec ce chignon et cette robe bleu ciel à volant avec de la dentelle es-ce qu’elle m’aime un peu. Tania sourie, tousse, réfléchis. Ca m’énerve de l’aimer autant je devrai lui dire lui écrire peut-être ou même lui téléphoner si seulement j’avais son numéro. Tania rigole, son amie aussi. Elles se moquent de moi, c’est injuste je suis sincère dans mes sentiments elle voit rien et pourtant c’est elle je m’en fiche si Tania me dit non j’aurai essayé je ne mourrai pas idiot. L’heure tourne, je me lève, je pars.</p>
<p><em>Karine</em></p>
<p>- J&rsquo;aurais dû lui dire&#8230; c&rsquo;est idiot, le soleil donne juste en face&#8230; Demain, il le saura et il se demandera pourquoi je lui ai rien dit.<br />
- Paul pousse. Paul passe. Paul tousse. Paul tasse. Paul tisse. Passe là.<br />
- C&rsquo;était l&rsquo;occasion, pourquoi j&rsquo;en ai pas profité?&#8230; d&rsquo;un autre côté, ici c&rsquo;est tranquille, ils sont tous en face. Ca caille un peu quand même&#8230; C&rsquo;est à moi de lui dire.<br />
- René reste. René résiste. René reste ici. René résiste aussi. Paul peste.<br />
- C&rsquo;est à moi de le faire, quelqu&rsquo;un d&rsquo;autre va s&rsquo;en charger et il va penser quoi?&#8230; ils sont encore plus que tout à l&rsquo;heure, c&rsquo;est vrai qu&rsquo;il fait beau&#8230; J&rsquo;ai pas osé et maintenant je fais quoi?<br />
- Paul entre. René sort. Paul monte. René descend. Paul rit. René pleure. Paul lave. René essuie. Paul travaille. René rêve. Paul lit. René rit.<br />
-C&rsquo;est sûr, demain j&rsquo;y  ai droit&#8230; le soleil a tourné, ils s&rsquo;en vont tous&#8230; Je vais me faire engueuler.</p>
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