Marie Christine Theveny

Ce qu’il voulait c’était  anéantir  la race humaine

Il porte un nom composé, biblique, l’ange déchu est en lui, l’ange se réjouit des guerres, des conflits ethnique, les dérèglements climatiques, des populations expulsées de leur propre terre, l’ange déchu se réjouit, prend sa revanche,  regarde avec une joie immense  la domination d’un peuple sur l’autre peuple,  prend plaisir à voir des religieux confondants la croyance pour le très Haut avec la domination de l’Homme par l’Homme, des terres d’olivier coupées en deux par un mur de séparation, des frontières approximatives,  des contrôles aux faciès , la faim, la haine grondent dans toutes les nations ; dans ce monde terrestre, où l’eau coule à flot où la terre mère donne à ces hommes la profusion, le nécessaire  pour qu’ils vivent en harmonie en copropriétaires  léguant  à leurs descendants la bonne gestion du patrimoine  reçu ; nombreux ceux qui copieusement par leurs avidité du pouvoir avec l’aide de l’ange déchu ont massacré, détruit l’âme humaine, par vague successive, ils ont distillé le poison mortel de la haine, la méfiance de leurs frères humains. Est-ce nécessaire de rappeler leurs noms maudits, ils sont si nombreux. Et les Pierre, Paul, Jacques, les  Mohamed, les David, les Tang, et les autres se fourvoient en écoutant le sifflet du serpent piquant chacun eux, successivement sans distinction au gré de son humeur, de nombreux noms dans tous les pays émmergent ; ici, Jean-Marie, mais l’ange le trouve pas assez subtile, l’ange préfère l’odeur Marine et après demain, la froideur blonde du nom d’un bâton de Maréchal plus conforme pour son ambition. Se ralliant pour un temps aux barbes noires, ou aux colons en robes noires. Et les David, les Pierre, Paul, Jacques, les Mohamed, les Tang, et les autres ont déjà ce poison mortel en eux, la piqure est si douce que déjà ils se mordent entre eux.

                      La voie de Jean-Marie  OU de l’ange déchu

                                                 Hurle !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

                                    

ET À CE PROJET PERSONNE NE S’OPPOSE SAUF MOI


Mathilde

 

17 juin 2015 : écrire un texte compris entre les deux phrases en italique.

 

Ce qu’il voulait c’était anéantir la race humaine.

 

Il inventa donc la rentabilité, les échéances, le conformisme et le choléra. Il ajouta dans les coeurs une pincée de frustration, deux ou trois rêves brisés et saupoudra le tout de colère sourde mais grondante.

 

Il prit un peu de recul pour contempler son oeuvre, écouter les rumeurs montantes et les gémissements, guetter les premiers éclats.

 

Il se frotta les mains.

 

Puis il lui sembla que somme toute les pertes étaient mineures, la houle et l’ouragan semblaient s’apaiser, les déflagrations s’espacer.

 

Alors il se remit à la tâche et à force de constance et d’efforts soutenus eut une inspiration magistrale : il inventa la peur.

 

Il commença par la semer par petites touches, de façon insidieuse, la laissant germer seule et se ramifier, croître et embellir dans les esprits embrumés. Les résultats étaient encourageants.

 

Satisfait il contemplait l’avancée du poison et parfois, n’y tenant plus d’impatience, il s’offrait quelque mouvement de panique qui faisait des ravages spectaculaires. La peur paralysait les esprits et offrait à la haine le terreau fertile qui lui avait manqué jusqu’alors.

 

Un beau jour qu’il se repaissait de sa victoire en observant l’ascension vertigineuse d’un nouveau conflit, il crut percevoir des ondes d’espoir qui lui semblèrent bien dissonantes et lui gâchèrent son plaisir.

 

Le phénomène n’était pas isolé. Çà et là quelques humains avaient lâché les armes et il lui sembla qu’ils mettaient ailleurs leur énergie et leur besoin  de reconnaissance.

 

Quelques humains avaient pris de quoi écrire et formaient sans relâches des signes étranges sur le papier. D’autres y appliquaient des couleurs, esquissaient des lignes et des contours.

 

D’autres encore dansaient, chantaient ou déclamaient. Certains tiraient d’étranges instruments des mélodies qui lui serrèrent le coeur et le rendirent fou de rage. Il eut la très nette et très désagréable impression que cette poignée d’humains fabriquait du bonheur et le répandait alentour à l’humanité entière.

 

Résolu à tout pour mener à bien son entreprise de destruction, il décida de baptiser ces dangereux humains du nom d’artistes, et de tout faire pour leur compliquer l’existence.

 

Il les fit donc dangereux aux yeux des poltrons, paresseux aux yeux des avides, inutiles aux yeux des pragmatiques. Il décida de leur donner des coeurs fragiles et débordants, des peaux diaphanes, des yeux trop clairvoyants et des âmes désarmées. Il décida qu’ils seraient toujours mal dans leur monde et passeraient toute leur vie terrestre à en inventer un autre qu’ils n’habiteraient jamais. Il décida de leur faire payer par mille morts les vies innombrables qu’ils s’offraient en songe et distribuaient autour d’eux.

 

Il pensa qu’ils renonceraient quand ils auraient trop souffert.

 

Mais au bout de quelques siècles il dut se rendre à l’évidence : les artistes n’avaient pas le choix. Ils continuaient.

 

Et à ce projet, personne ne s’opposait.


Andrée

Ce qu’il voulait c’était anéantir la race humaine. Son amour pour ses créatures, sa bienveillance : une imposture. Ce qu’il avait très vite décidé, c’était annihiler la race humaine. Il avait bien trompé son monde. Il avait créé l’homme à son image, avait-il dit. Mais quelle image ? On ne l’avait jamais vu. On avait cru l’entendre parfois. Il avait feint l’abnégation, la générosité. Et on s’était laissé berner. Que ne ferait-on pas pour avoir l’illusion d’être aimé ? Il était intouchable, inattaquable. Mais c’était un excellent manipulateur et les hommes étaient d’excellentes marionnettes. Ils se détestaient, se jalousaient et lui se délectait de les voir s’entretuer. Il était sur de sa victoire. Cela prenait plus de temps qu’il n’avait pensé mais une destruction trop rapide l’aurait frustré. Toutefois quelque chose le taraudait. Il avait eu l’idée, qui s’avérait mauvaise, de donner une compagne à l’homme, une compagne soumise bien sur. Cependant il avait l’impression que les femmes avaient deviné son dessein. Elles ne rentraient pas dans le jeu cruel des hommes. Elles vivaient dans la solidarité, cherchaient la paix et l’épanouissement. Elles n’allaient quand même pas perpétuer la race humaine, une nouvelle race humaine. Ce qu’il voulait, lui, c’était l’anéantissement de cette race. Et à ce projet personne ne s’opposait sauf moi.

 

 

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