VOYAGE A TRAVERS LE LANGAGE FIL RYTHMIQUE PAR REBORD….

IMG_0383Se jeter dans la langue La lande de bois Bois de rose L’arroseur arrosé Géranium rosat Rosa rosa rosam rosarum rosis rosis Grossiste en améthiste C’est ttriste Triste sire Sire cirage ciré du cireur De Circassie Cassis cassis fleur Fleur odeur L’argent n’a pas d’odeur O que si Scie c’est la scie Si t’en as pas Pas papa parapluie Pluie d’oseille Pluie de rose Puits d’amour D’amour en cage Cage à écureuil en deuil Sur le treuil Du cercueil Sans œil Sans rire Sans os ose Ose dire Dire sans rire et sans sourire Sourire attendri Sourire ému Sourire narquois Sourire de zébu narquois Le zébu narquois Narre quoi Narre narrien narine marine Bleu bleu marine D’eau vive Avive Vive toi vive moi vive nous Nous à nous Vis-à-vis Toi à toi Toiture de voiture Turlure lure la ramure Qui murmure Sur le mur sans mesure Aux anoures D’un jour à Tours Chaque jour Au détour du bourg Sans four Sans roue Sans nous sans vous Sous la voussure de la serrure du Parjure qui jure et se parjure En déconfiture lente Haletante Jamais gagnante Jamais perdante Mis en vente Sous la tente De ùa tante Qui me hante Attenante pas marrante Marre se marre Mardi mercredi jeudi Assis Cassis Si si si Ah que si Six mulets À cheval Simulaient Ce chemin Dans le val Valchamp val gens Cozette Causait Et cousait Tricotait Pelotonnée dans le peleton Le peleton de laine sur le nez Le nez caché Les yeux fermés Elle pelote au nez Pilote et pis Et pis quoi Et pis c’est fini pardi Viens par ici Manger des cassis Ma petite amie Si tu survis Si tu oublies C’est pas grave J’en bave Bave bavette Je taille la bavette Avec Vévette qui n’a pas mis ses lunettes Sur son nez Son nez caché dans son cache nez

10 sur 99 notes préparatoires à la ponte d’un œuf IMG_0365

1) s’assurer que l’on est une poule – ou à tout le moins un animal ovipare

2) du coup possibilité de réaliser le projet également si l’on est un pou

3) ou une mouche

4) admettons qu’on soit une poule

5) essayer de bien penser à tous les paramètres du quotidien qui risquent d’être bouleversés par l’apparition de l’œuf

6) exemple quid de l’œuf si on décide d’aller prendre un ver entre copines ?

7) peser le pour et le contre pour être sûre que l’œuf vaut bien le sacrifice de son confort routinier

8) se dire que bon, après tout, allez hop, on se lance

9) penser à être sympa avec le coq pour avoir des moments de liberté pendant la couvaison

10) adopter un mode de vie sain, sans stress, avec des horaires réguliers

 

lundi 26 juillet 2010 023Au moment où je débouche à l’angle d’une rue animée de la ville, au milieu des passants, il m’apparaît. Nous allons dans la même direction. C’est un homme. Je le vois de dos. Son long pardessus gris, élimé, un peu froissé, flotte très légèrement sur son grand corps mince lui donnant une certaine élégance. Sur sa tête un chapeau. Marron. Il laisse échapper une chevelure grise aux boucles larges et souples suffisamment longue pour caresser le col du manteau. Cela a du charme. Cet homme n’est certainement pas très classique. Il porte à la main droite une serviette mince d’une couleur plate et triste, exagérément usée. Il y a quelque chose de factice dans le port de cette serviette. Ou alors, est-ce un universitaire décontracté ? A sa main gauche, une cigarette à demi consumée. Il ne semble pas s’occuper d’elle. Elle l’accompagne. C’est tout. Soudain, une forte giboulée de pluie et de grêle. Les parapluies jaillissent, ça court se mettre à l’abri sous les stores baissés des magasins, les bras se serrent contre les corps inclinés contre le vent. L’homme semble hésiter. Continuer à marcher dignement sous la pluie ? Se joindre à la petite foule agglutinée sous les toiles colorées ? Je le crois gêné. C’est le moment où il se retourne. Je vois son visage. Il me semble beau. Coloré, buriné, les traits profondément creusé en de larges et doux sillons. Il a l’air étranger, venu d’ailleurs, d’un pays lointain où on ne porte pas de pardessus. Il a l’air rieur. Il a l’air heureux. Je continue mon chemin en courant sous l’averse, déjà trempée.

Il a plu !

IMG_0424J’ai vu une pendule transparente J’entends les couverts s’entrechoquer Je vois une affiche virevolter J’entends parler anglais Je vois une femme se recoiffer Je sens la bonne odeur de nourriture J’entends un ascenseur descendre Je vois les vélos accrocher J’entends la radio J’entends claquer des doigts Je vois une femme sur son vélo discuter avec une autre femme Je vois des gens qui écrivent J’entends de la musique disco

                                 Je vois un jeune homme fumer

                                  Je sens de l’air ventilé

Espièglerie

 IMG_0214Ils étaient trois petits garçons d’à peine 4 ou 5 ans, au jardin des Prébendes, courant et riant très fort, pendant que deux mamans, avec chacune une poussette, échangeaient gravement quelques mots, un peu à l’écart. Ces rires avaient quelque chose d’intriguant, semblaient masquer une réalité que je ne tardai pas à découvrir. Les enfants faisaient la navette entre un massif de pensée et un pont en bois sous lequel se massaient des canards quémandeurs. En fait, ils n’hésitaient pas à marcher sur la pelouse pour atteindre la terre nue, car c’est elle qui les intéressait. A l’aide de leurs mains en guise de pelles, ils extrayaient des mottes de terre gluantes qu’ils transportaient en courant vers le pont et là, ils lâchaient ces mottes dans un grand fou rire, mottes que les canards recevaient sur la tête, déçus assurément du côté non comestible de la chose. Et pourtant, pour ces enfants, ces mottes l’étaient, car au milieu de leurs rires, ils criaient:

-"Tiens, un bon gâteau au chocolat, tiens, une bonne crêpe au chocolat…" Leur bonheur était si communicatif que, malgré moi, j’esquissai un sourire, complice que j’étais de leur forfait qui échappait totalement à leur mère. Combien de mottes de terres ont ainsi transité, leur salissant les mains certes, mais aussi le vêtement contre lequel ils les appuyaient et par la suite, le visage qu’ils n’avaient pas manqué de toucher de leurs mains souillées. Le spectacle était si réjouissant que j’espérais qu’il dure ainsi longtemps avant que leur mères ne découvrent l’espièglerie. Je continuai mon chemin pour ne pas voir rompue la magie de mon entrée un peu intrusive, en enfance.

photos de l'iphone 049Rouge, violet, jaune, des verres qui brillent. Les deux garçons du bar parlent à voix basse sur un fond sonore vaguement jazz-rock. Le bruit familier des assiettes qui s’entrechoquent et des couverts lâchés dans les casiers. Il subsiste un fond d’odeur agréable de nourriture. Au dessus du bar, les escaliers qui s’entrecroisent forment un décors géométrique dans les gris-vert avec en arrière plan le jaune pâle du tuffeau des maisons de la rue de Lucé. Les dos arrondis des personnes qui écrivent forme une frise irrégulière qui sépare l’espace du bar de celui du hall. Des bruits de vie, des mouvements, des voitures qui passent, des gens qui marchent, des chuchotis. La température est agréable. La table sur laquelle j’écris est ronde et grise. Elle est située sous la pente du plafond du bar qui correspond à l’inclinaison de la salle de spectacle. Le bas-fond est décoré de photos lumineuses d’arbres ce qui crée une atmosphère accueillante. Sur la table est posé verticalement la carte du bar avec les tarifs des mets et des boissons. Dans la cage de verre l’ombre de l’ascenseur monte et descend.  L’éclairage émis par les néon est uniforme et bien dosé.

photos de l'iphone 078je suis une flèche d’argent qui va tout droit à sa cible je ne suis pas une couleuvre qui ondoie je suis un enfant perdu dans le noir je ne suis pas la lune qui éclaire et compatit je suis l’amour sorcier je ne suis pas apprenti serrurier je suis l’odeur des frites je ne suis pas l’ordonnateur des rites je suis un chêne centenaire je ne suis pas un riche propriétaire je suis un dentiste sadique et maladroit je ne suis pas un monstre je suis un vieux cheval sur le retour je ne suis pas né de la dernière pluie je suis une rengaine qui dure je ne suis pas une sinécure je suis un adepte du plein air je ne suis pas débonnaire.

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